‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 21 sur 125 · Hentent.^ Il, p · texte numérisé non relu

Hentent.^ Il, p

monstration du libre arbitre un art plus consommé

que le docteur franciscain.

Mais Scot ne se contente pas d'affranchir la volonté de la dépendance des objets matériels ; autant qu'il peut y il la soustrait à l'action de la puissance divine^ et quand il envisage ce point de vue de la question, il se prononce pour Topinion qui considère l'âme humaine comme la cause immédiate de ses volitions, et qui ne réserve à Dieu qu une influence indirecte et médiate.

Si nécessairement Dieu concourait d'une manière immédiate aux déterminations de la volonté, qu'en résulterait-il, demande Scot? V la volonté n'aurait pas ses déterminations en son pouvoir ; elle ne serait pas libre ; 2° tout serait nécessaire ; il n'y aurait de contingence nulle part, car, si Dieu concourt à nos déterminations^ il fàut que son concours soit tout puissant, et qu'il entraîne la volonté. Supposer que Dieu agit sur nous et que son action peut être empêchée par l'homme, quelle contradiction ! 3« la Tolonté ne pourrait pas pécher; 4^ Dieu scfait la cause totale de la voUtion. Ëu eiïet que faut-il pour qu'une chose, un ange, le monde soit? Que Dieu le veuille. Dicoit et faeta stunt; mandavit et creata mnt. Par son seul vouloir, il produira donc notre acte. Scot fait valoir une dernière raison qui est trop déliée pour être solide. Si une cause créée peut être le principe entier et immédiat de son effet, cette cause est sans contredit la volonté qui de toutes les

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causes créées est la plus noble. Or, un pouvoir de ce genre n'a rien qui répugne à la condition de créature; donc la volonté peut être, donc elle est Tarbitre de ses déterminations**

Scot n'ignorait pas et il n'a jamais cherobé à dissi* muter que l*opinion qui placerait dans Thomme le principe unique des actes humains, pourrait diflicilement se concilier avec le dogme de la prescience et de la puissance divines. Partout il affirme dans les termes les moins écjuivoques le concours de Dieu aux actes de l'homme. Assurément de nos jours sa profession, sincèrement catholique, satisferait les

théolof^ieiis les plus sci lipaleux ; mais qu'on se reporte au xiv" siècle, à cet âge de foi sincère, active et même ardente et ombrageuse, dans lequel l'esprit de contention égalait presque la vivacité du sentiment religieux , et qu'on se représente Teffet produit par une doctrine qui consacrait l'autonomie de la volonté, le lendemain du jour où saint Thomas venait d'enseigner la prémotion physique. Le maître» franciscain et le docteur Angélique paraissaient complètement opposés en des points qui inté* ressaient et qui passionnaient les esprits. Saint lliomas n'accordait au libre arbitre de l'homme que Tefficacité rigoureusement nécessaire pour qu*il ne fût pas tout à fait détruit; Scot au contraire faisait sa part aussi large qu'il était possible de la faire

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