Defmsoriiwi, 9ÊC,f p
2. .Eijidii.... in sec^ndum libriun iententiarum qwtêtiones, Veiietiis, 1581, 2 vol. in-fol. : « Omisso quid Deus posset facere, sed secundum hune ordinem qnem vidfmus. » Sur la qnp>tion du véritable auteur du Dcfensorium, on peut lire d'Argent t é, Colleet. judiciorum, t. I, p. 218 el sqq.; QuéUl el ftchard, Script. Ord. Pr.rdic.^ t. I, p. 502; Oudin, De Scriptor. EociesiasL^ t. HI, col. 639 el sqq.
philosophie qu'autant que nous les avons reconnus pour raisoDoables ^ leUe est la vertu de la lumière oatarelle, que ceux dee gentils qui Toot sumeontélé sauvés de la damnation. Grâce à cette lumière, Socrate a pu être un homme de bien et faire son salut'. Mais en appliquant ses facultés à la recherche du vrai, il importe que l'esprit se dégage des sens et de leurs vaines images. « Il est incroyabley s'écrie Gilles de Rome» que les hommes ne sachent pas s^éiever an-dessus de rimagination« Ib parlent de rinûni comme s'il était fini, de l'indéterminé comme s'il avait des bornes. Cette manière de raisonner les égare.. »
A entendre ces sages et prudentes maximes, on s'attend que l'auteur se préservera des opinions «cessives, et qu'il portera dans la philosophie cette sobriété et cette rectitude que saint Thomas pos« sédait à un si haut degré.
A peine engagé dans la métaphysique, Gilles de Rome se trouvait en face du problème de rindividuatioo, mêlé étroitement, comme nous l'avons vu,
1. Sentent., P. I, q. i, art. 2, 1. 1, p. 9 : t Scientia humana principaliu» inoititur ralioni.... Locus ab auctoritate est valde debilis et inBrmus.... Non credimus pbilosopbis nïii qoatenas rayonabiliier lœuti sunt. >
2. /6iVf . P. I, dist. 11, q. I. art 2, p. ^98 : c Fotuit Socrate» esse bonas homo et salvari in legc naturap. »
3. Ibid., t. ï, p. 60 : a Mirabile esl <\uoû homincs nesc.iant iinaginalionem Iranscendere. Semper loquunlur de inlmilo quasi finilo, et de indeterininalo quasi de hubenlo lerrainum ; ideo semper raikoaes laies pef accideos fallu nt. >
ik PREMIERS REYBLOPFBHBRTS RE LA DOCTRINE
à toute» les spéculations sur la oaturc, sur l liomm^ el sur les purs wprito. C'est ici que son rèk^ oorome plûlosophe, coannenoe à se dessiner. H ne conteste
pas, disons mieux, li admet pleinement la solution de sainl Thomas, à saYoir que le prioeipe de Tindi- TiduRtioii esl la maiièfe; ma» les termes dans lesquels il expose, et pour ainsi due ienouvclle la théorie^ montreui avec quelle sagacité, je n'oserais pas aller jusqu'à dite aTee quelle profondear, il avait su d( mêler les inextricables difficultés de la question, telle que 1 École Tavait posée.
Lorsque Tesprit conçoit le genre animal ou tout autre ^enre faisant partie de ce monde sensible, peutil faire eutièremeut abstracLiou de la matière? Non, sans doute. L'esprit dégage Tuniversel des accidents qui le limitaient; il le pose en dehors des conditions de temps et de lieu : mais il ne supprime pas l élément matériel que Tessence ^e-méme impliquoi et sans lequel les espèces visibles ne sauraient être con* eues. (( Donc, poursuit Gilles de Rome, puisque la matière entre également dans la notiou du genre et dans celle de Tindividu, le principe de Tindividua^ lion n'est pas suffisamment indiqué quand on a dit qu'il est la matière, et il est indispensable de compléter cette première vue en désignant le fait précis qui donne à la matière le pouvoir de s'approprier aux conditions de l'ex^teuce mdividueUe*. »
1. Sentent., t. I, p. 265 : « Hanc autem poâiitoiiem non improbamus taoquam niaic dicUiuj dicimua Utneu quoii non itufiial, msÂ
DB SAINT TIOHAS D*AttlIllf. 15
Ce ÏMi primordial eat la division de la matière en pltMÎeura partiee ou la quantité* Pourquoi deux objets
apparUnaiit à la même espèce, ayant la même forme diHèrent-ils ? Parce que celle forme est appliquée à des partie» difierentes de la matière. Supposez la matière indiyisible : elle sera tout entière absorbée par la première iorme qui alunira à elle ; la disUactioa des êtres ne se comprendra paa. Maia dès qoe la matière a des parties, chaque partie peut recevoir rempreinte de la forme que ce rapport détermine et iodividualise; de sorte que les individus se multiplient dans la même proportion que la matière est divisée ^ Toutefois, Gilles de Rome n'altribue à la quantité que la part la plus M\Àe possible dans Tindividuation, et, suivant l'exemple de saint Thomas, il laisse à la matière le rôle principal, essentiel. Fij^uitz-vous un guerrier, couvert d un bouclier; les coups traverseût le bou* dier pour arriver jusqu'à lui » mais le bouclier ne les porte pas, ou plutôt il est ici poui* eu amoiùr 1 eUet.
cl pins diralur; nam et niatcna pertinet ad rora universalem. IntcUigens tuiim koneiu in univcriuli iiilelligit aliquid compositum ex bac matoria el ex bac forma. >
1. Smfml., P. I, d. 3, q. i, art. 1, t. I, p. 162 : c Si suntduo materialia, quaUtemnnquo ponantor distincts, oporlet qood in oMtfo ait Iota nateria, aad ia quolitMt ait aliquid de mifceria. Habebît ergo materia aliquid et aliqoid, et par coDseqoena habebit paitem et partem. Sed hoc non potest babere niai per quanlitatem ; oonaeqaens ergo est qood non possint esse plura materialia, ntsi pooamiis materiam babere qaanlttatem. » Ibid., p 163 : a In diversis partibus materise possunt recipi divcrsaî formœ : hac vero diversitaie non exiateote, omnia diversitaa rerum maleriaUum loi* litor. »