DES THOMISTES ET DES SC0TISTE
quelle suite de raiaonnements capUeux uq philosophe peul être amené» non pas seulement à distinguer, mais à séparer la pensée et l'acte même de la pensée,
ou, ce qui serait encore plus étrange, les relations et ies termes entre lesquels ces relations s'établissent» Tégalité, par exemple, et les objets égaux, la ressemblance et les objets semblables; et cependant ce fut là» au témoignage de tous les historiens, une des opinions les plus finrmement soutenues par le doo-* leur Illumine. On la trouve enseignée saiis détour dans son Commentaire mr le Maître des senlences^ les difficultés qu*eUe soulève ne refhrayent pas» et» suivant lui, elles ne peuvent embarrasser que des esprits grossiera et obtus'. Même au sein de ia nature di- Tine» il se platt à multiplier les distinctions» et» grâce à Tabus des mots, contre l'avis à peu près unanime des théologiens» il en admet de plusieurs aortes, qui sont classées et étiquetées : ainsi» distinction essentielle entre le Créateur et la 'créature; distinction réelle entre les personnes de la Trinité; distinction formelle entre les attributs propres à chaque personne*. Gomme on lui reprochait d*incli-
vrages, membre, comme loi, de Tordre de Saint-François : c Hle eiiiin (Fr. de Mayronis) arcana qucTidam et abstrarta diligentîaaimua in primis indagator iiivenil. Quo factum est nt abstractionum ma-
gister nifrilo dici debuerit. »
1. Sentent.. ], ciist. 29, q. iii : c Kee eit iacoDveniens nisi habentitiiis uru^um intclleclum. »
2. Hentmt., 1, disl. 3, q. i, f" 23 r : « Ex islis apparel evidentor quod aliquaiiter diBtinctio ex nalura rei cui inter perfeciioneh di-
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ner au tritheiBiue, il réponduit que sou senliment était partagé par d'illuatrea docteura et qu'il y avait* témérité à le qualifier d'hérétique
Par sa méthode et par toutes les habitudes de son esprit^ François de Mayronis était latalemeut conduit au réalisme ; mais s'il en admit le principe f il ne le poussa pas à ses conséquences les plus cxtn'iiies*. Ainsi il croit avec Platon à Texistence des idées : mais il ne fait pas des idées autant d*6tres à part» sortes d'entités monstrueuses suspendues pour ainsi dire à travers les espaces ^ Contre le témoignage d'Aristote, il s'attache à établir que même dans la ' pensée de Platon , les idées sont indépendantes des conditions de temps et de lieu qui régissent les objets particuliers; qu'elles ne constituent pas des êtres dans le sens propre du mot, mais de pures essences que l'entendement divin conçoit, qui se réalisent par la création dans les individus , et sans lesquelles il n'y aurait ni genre, ni espèce, ni science véritable. Veut-on savoir comment à ce propos Mavronis a|»precieAristote? Non-seulement il lui reproche d'avoir altéré par un sentiment de jalousie la vraie doctrine
vinas. » Voy. pour les développements, ibid,, disl. S, q. ii, P kk V*.
Ibid., q. tiT : « Dico quod divins perfecUones ex natura rei el noD per opus iib anima fabricaUmi diitiosuuiitur ab iovicem. »