‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 39 sur 125 · DCRAND DE SAINT-POURÇAIN · texte numérisé non relu

DCRAND DE SAINT-POURÇAIN

facultés ne sont cônnttès» dit-il^ que par leurs aeies. i\ donc il y a nécessité d^àdmetti'e tin etitetidement âctif, c'est que son opéraliun est iiiipliqui'cdaus l'acte de la pensée. Or^ les points sur lesquels cette opération poùtrait exclusÎTèntent s*èter(;eri sotit leè iifi&ges seusibles et l'entelidemeut possible. Elle ne s*exerce pas sur les images sensibles i car Tentendemeiit actif ne sauhiit ni donner son etnpreitlte à ëës images (fa\ sont matérielles, m los diviser comme on divise une pierre, ni même en abstraire l'essence universeilci ainsi que la plupart le prétendent» sùns expliquer le mode de cette translorniatiuii imaginaire. Adtiiéttt*onsnous que l'opération de i'enteudement actif ne s'adresse qu*à i*entendemeUt possible qu'elle dispbse à concevoir runiversel, de lULUie (jiu; la Itimirre rend les objets visibles pour la vue ? Mais eu quoi cousis* tera celle opération? On ne donnë aucune preuve, s'écrie t)urand : on ne fait que supposer ce qui est en question'. Si reutendement possible ne sulVit pas, s'il faut y joindre une faculté qui produise la cUtinaissauce, ne sefa-t-on pas. améné pareillement à sup* poser pour les opérations setl^ibleâ un pouvoib analogue, uta sen$û& agens, qui prépare la Sensibilité à recevoir rimpressioil des objets bialériels? L'bypotlièse des deux entendements n est donc pas soiUenable; il n'en existe qù*UU seul par qui s'achève, d'une manière indivise, la concc|)tion de l'universel.

1. Ub. I, dist. 3, q. V, p. 63 : < Nihil probalur, sed aasaioitur illud quod qiueritur. »

tt 6UiLLAtIll& OCCAV. m

A ceUe polémique en faveur de l'unité de Tintelli- (pnee b6 troure mêlée, ches Durand de Saint-Pourçaiu, Me théorie de funiTersel, qui yn, devenir le éigoal de la reuaissauce du nuoiinalisme. C'est l^opinion commiiiie des tnattres de la seholastique ^ an xiti* BÎèele» que runiyersel exidte dans les choses et que la fonction do l'enlendement consiste à le dégager des éléments particuliers qui renireloppent et le détenttiiietit. Que soutletit Durand? Que Vuniv^rsel ne préexiste pas à Topéralion de reuteudement , tuais qu'il la suit» qu'il en est le résultat. Au point de départ est Tobjel particulier ; Tespi it foit abstraction dfe ses conditions individuelles; le terme de Tabstraction est T Universel qui jusqUe-là n'existait pas. Aussi Durand ireproche TÎyenient à ses advet«aii*es de raisonner comme si ruuivorsel était le premier objet de HnteUigence» et comme si la notion qu'elle en a précédait toute idée individuelle. Le premiei* objet de l'intelligence est le particulier; Tunlversel est l'être conçu en debors des Conditions de Tindividuâlité ^ il est la dénomination donnée à l'objet d'après ëë point de vbe sttUs lequel resflrit le considèi'e ^

Ce qui résultait clairement de cette théorie de

1. Ub. n, dtst. 3, q. vu : < Priarom cogaitnoi ab iatëlleclu non

est aniversale, sed siogulare.... Univorsiile non praecedil ftcluoi intelligendi, imo Ht per actum intelligendtf eo oioUo quo potestsibî compelere fieri. lisse enim uiiiver.sale non est aliud (juam esse intelleclum nbsque condilionibus singulanlaliset individuatiNtii*;. iia quod esse univer^ale est sola denomiiiano objecli ab actu sic ialolligendi h Cf. tib. I, dist. q. v.

idS DUBANl» D£ SAINT-POURÇAIN

Tuniversel, c'est qiio le particulier existe seul réellelueuty et qu'il est chimérique de chercher dans la nature autre chofla que des individus. Le problème de Tindividuation, si vivement débattu par les maîtres de la scliulastique y se trouvait par le fait supprimé.

Durand n'a pas discuté toutes les opinions qui s'étaient produites dans le cours du débat; mais \\ a insisté sur les solutions adoptées par TÉcole dominicaine.

Pourquoi la matière, demande-t-il» serait-elle, plutôt que la forme , le principe de rindividuation ? Il n'appartient pas à la matière plutôt qu'à la forme de résider dans un sujet unique; il ne lui répugne ' pas davantage d*ètre dans plusieurs sujets et d'être alVirmée de plusieurs. Si toute forme, par exemple la blancheur, peut appartenir à des objets diiïérents, si elle a sous ce rapport tous les caractères de TuniTcr* sel, il en est de même de la matière; elle est universelle au même litre. On^ pourrait même soutenir qu'elle s*éloigne encore plus que la forme des conditions de Tindividualité, pui8qu*elle a pour caractère essentiel d'être imleterminée. Dira-t-on, continue Durand^ que Tindividuation est l'effet non pas de la matière prise eo général, mais de la matière déter^ minée par la (juantité? Mais qu'estKîe que la quantité ? Tout le monde le sait : un pur accident. £t qu'est-ce que rindividu ? Une substance, la première de toutes. Si la quantité déterminait rindividualité, la substance serait postérieure à ses accidents : elle en dépendrait; conséquence inadmissible. U ne se peut pas que ce

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tout subslanliely composé de forme et de matière, qui est Tindividu, ne précède pas, au moins dans l*ordre de la liàture, la quantité ; ne soit pas ce (]u"il est, c'est-à-dire quelque chost> de un et de défini, avant dé tomber sous la condition du nombre. La quantité est si peu le principe premier de l'existence individuelle, qu'elle n'est pas même au rang des principes, puisqu'elle ne fait que suivre la substance individuelle qui existait avant elle

Poursuivant cette analyse des conditions de l'individualité, Durand de Saint-Pourçain montre qu'elle n'est pas un élément surajouté pour ainsi dire à la nature des choseâ. L'uiuvi-rsel et 1 individuel ont un principe identique; au point de vue de l'essence, ils ne diffèrent pas. Mais Tuniversel est conçu, etPindi* vidu existe dans lu nalitéj voilà pourquoi l'un est universel et 1 autre individuel. Ce qui tait que les formes se déterminent et se particularisent, c*est le* passage à la réalité. Ce qui constitue, par exemple, Socrate à l'état d'individu, c'est cela nitine qui le constitue à l'état d'être réel, c'est-à-dire la cause efficiente. Toute action en soi est déterminée, et de même qu'elle a une cause particulière, elle a pour terme le particulier, l'individu*.

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