Ibid
3. Ibid., dist. 2, q. xviii : c PIoralilaB noD est ponenda aine necessitate; aed non apparet neceaaitaaponendi taies species productas in medio alteriua ratioois ab objectia a quiboa cauaantur, quia
' omnes iat» apeeiea non poaauiit aentiri ab aliquo aensu ; aad cam iflte species non posaint aentiri ab aliquo aenau, nondebent poni niai propter rationem dedactam ex prindpiia par ae notia, Tel experimenlo..., etc. » CT. iM,, q. xtii.
ET GUILLAUME OCGAM. i8S
les êtres au delà de la nécessité. » Or, y a*t-il nécessité de reconnaître des, espèces qui soient entre nous et
les objets, comme un miliim distinct de ces objets? Ces espèces ne tombant pas sous les sens, on ne pourrait les admettre qu'autant qu'on y serait conduit par des raisons déduites de principes évidents par eux-mêmes. Mais s'il est un argumeot favorable à cette opinion, c'est sans doute que le moteur et l'objet doivent se trouver en contact Tun avec Tau- Ire. Tel est le motif qui est partout allégué par Averroès, le plus zélé défenseur des espèces sensibles. Mais cette maxime est purement gratuitCt et Tobservatiun la dément. Mille faits établissent qu'une cause peut agir à distance. C'est ainsi que le soleil, malgré son éloignementy éclaire la terre, et que l'aimant attire le fer. Il est vrai que les rayons solaires, avant de nous parvenir, traversent un milieu; mais ce milieu n'est pas ce qui nous communique la lumière. Les partisans des espèces méconnaissent la vraie nature de Timagiualiou. Le propre de cette faculté est de nous représenter les objets absents comme s'ils étaient devant nous; mais son opération a pour terme les objets eux-mêmes, et non leurs espèces ou images. C'est le même homme que j'ai vu naguères-que j'imagine maintenant» et non l'espèce de l'homme. Occam ne refuse pas de conserver ce terme d'espèce, niais à la condition qu'il désigne, soit la cbose imaginée, soit l'acte de la fantaisie qui Timagine, et rien au delà.
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Gccam ne traite pas mieux les idées platoniciennes que les espèees sensibles, et comment ne les eût-il
pas rejetées au nom du nonimalisme? A juger par la déÛQilion qu'il donne de ridée» on croirait entendre un disciple de Platon exposant dans le jargon barbare de la scliulasli([ue la sublime pliiios()|ihie de son maître : « L'idée, dit-il, est un modèle qui est connu de la cause efficiente, et à Timage duquel cette cause peut, en le contemplant^ créer les objets.... LeS idées, continue-t-il, sont les exemplaires que Dieu contemple, lorsqu'il produit ses créatuies. s HaisToiei où mène ce début vraiment socratique : la dÎTlnité n'a devant elle d'autres exemplaires que ses propm ouvrages, qu'elle connaît par anticipation avant de les avoir créés. Les idées ne sont donc, en dernière analyse, que les créatures de Dieu, en tant que Dieu les connaît, ou, ce qui revient au même, elles sont la connaissance que Dieu a de ses créatures; en elles* mêmes elles n'existent pas; et comme les œuvres de Dieu sont particulières, il suit de là qu'il ne peut pas exister d'idées universelles, mais qu'il en existé autant que d'individus nés ou a uallre, c'estrà-dire une infinité'.
Mais la partie la plus curieuse de la doctrine d'Oecam, après son nominalisme, c'est, sans contredit, son scepticisme sur toutes les questions ontologiques.
Interrogez Occam, par exemple, sur la nature de