DE LA PHILOSOPHIE SCHOLASTIQ0E
reçue chez les DominicaioB doDt il porUt Thabît dès ea première jeunesse, n'a pas sans doute peu contribué à le retenir sur la pente fatale où tant d'autres •ontglisBé; et, abandonné à loi-mèmey il aurait prohablemenl offert le apeetaele des plus déplorables aberrations.
L'antorité du docteur Angélique 8*exerçait ainsi, même en dehors de l'École, sur des esprits qui faisaient profession de repousser les exemples de TÉcole. Tottteffois son influence de ce côté ne fut jamais profonde, et je remarque que saint Bonaventure lui est préféré par le cbancelier Gerson. Laissons donc le mysticisme, puisqu'il ne se rattache que de loin à 'l'objet de cet ouvrage, et continuons de suivre au sein des universités chrétiennes les destinées du thooaieBse.
fin 18879 discussion éclate entre l'Université
de Paris et les Doniiiiicains concernant l'Immaculée Conception de la sainte Vierge, que TUoiversité en- ' joignait à tous ses membres d'enseigner, et qui était mise en doute par un frère prêcheur, nommé Jean de Montson, approuvé des chefs de Tordre. Parmi les propositions de Jean de Montson qui furent déférées èk i^aelilté de théologie et condamnées par elle, il s'en trouvait une que nous avons déjà rencontrée dans la Somme contre les GentiUf savoir que la condi-
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tion de créature n'implique pas la contingence, et que parmi les choses créées, il y eu a dont l'eustence est simplement et absolument nécessaire. La faculté de théologie déclara cette piupusition entiichée d'erreur, mal sonnante et repoussée en sa forme et teneur par tous les théologiens*, lean de Montson allégua pour sa défrnsf^ qu'il n'avait fait que suivre le propre enseigaemenide saint Thomas, et qu'ainsi la sentence portée contre lui atteignait le docteur Angélique que les théologiens de Paris s'étaitut arrogé le droit déjuger et de condanioer au mépris de Tautorité des sou?erains pontifes qui avaient approuvé sar doctrine. La discussion, en s'animant, prenait des proportions qui expliquent Tardeur extrême déployée de part et d'autre. L'Université» que Tattitude des Dominicains plai^it dans une situation délicate vis à tIs du etAnU siège, protesta qu'il était loin de ses intenùous d'offenser la mémoire vénérée de saint Thomas, et qu'elle le suivrait toujours autant que la foi et la raison le permettraient; mais elle ût observer en
1. DoBoelay, Hiti, Àead. ParUitmiê, t. IV, et D'Argestié. Co^ lecl. iWteiomin, etc., t. I,-0Dt recueilli les pièces principakes de ce procès. Voici, avec la eoDdamDatioo portée par la Facallé de théologie, les deux proposttioiis que Jean de MonIsoD prétendait afoir empruntées à saint Thomas, c Sexta proposilio. Pooere aliquodcresiuro vel aliqoa creata esse simpliciler et absolute necesse esse, non e«it in a!iquo contra fidem. Revocanda est lanquara falsa et malesonans in ûde, seciindum modum loquendi communem Iheologorum- Seplima propositio : Necesse esse non répugnai e&»c causalum. Revocanda e^t tanquam falsa et crroaea in fide. • Du Boulay, IV, p. 620; D Argentré, I, P. il, p. 62.