CHAPITRE PBEMIER
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f . Ferlée de la Riisoii. — II. RMe de la Foi. — III. Rapport de la Vérité philosophique el de la Vérité ^ligteuse.
Quelle est hi portée de rcnlendement de Thomme? ].a nature humaine a-t-elie reçu de Dieu le pouvoir de s'élever par m propres efiforto à la connaissance des choses, vt la pliilosopliie fjui est son œuvre, estelle une étude sérieuse et iécoude? Ou bieui sommeânous condamnés à l'ignorance et à Terreur toutes les fois que nous essayons de penser par nousmêmes? Noire espoir de découvrir la vérité, pour peu que nous ayons la patience de la cherchery ne seraitil qu'une chimère, et notre prétendu savoir un mensonge et une déception?
Chez tous les peuples , en Grèce^ à Rome, en Orient y cette question a partagé les écoles philoso-, phiques, dont les unes contestent, malgré le sentiment unanime du genre humain, et dont les autres
RAPPORTS DE LA POl KT DE LA RAISON. • 217
affirment et prétendent démontrer la véracité de l'intelligence. Mais si le débat renouvelé de siècle en siècle a jamais présenté un intérêt particulier, c*est assurément depuis le christianisme, sous Tempire de la religion révélée , et en présence de rÉglise, dépositaire de la parole divine. Le problème qui paraissait si grave aux contemporains d'Arcésilas et de Carnéade, s'est en eUet compliqué de questions nouvelles aussi importantes que les aiicieiiiies al plus délicates encore. A côté de la raison, un élément nouveau est apparu, la foi, source inépuisable d'enseignements sur les points qui excitent le plus la curiosité du philosophe. La nature de l'homme, son origine, ses devoirs, sa destinée, ses rapports avec Dieu et avec l'univers : le christianisme a tout expliqué. H a répandu sur toutes choses les meiïables lumières qu'il avait puisées au foyer de la vérité divine, et il a aussitôt appelé à y participer tous les hommes indistinctement, riches et pauvres, grands et petits, savants et ignorants, les philosophes et le vulgaire; de sorte que le monde a vu pour la première fois s'élever une doctrine enseignée au nom de Dieu et consacrée par la tradition, qui, n'étant pas Tœuvre de la raison et de la philosophie, atteignait le même but par d'autres moyens plus courts et intaillihles. Que devenait alors cette recherche libre et laborieuse du vrai qui avait autrefois charmé tant de nobles génies / Sans parler des objections des anciens scep-