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tiques contre la vanité delà science humaine, la philosophie ne trouvait-elle pas de noaToaux écueils Jusque daûs l'existence et dans le bienfttitde la relidon ? devait-elle pas désormais paraître inutile et superflue? D*UQ autre oôté, en supposant admise la capaisité dp la raison, quels étaient ses droits et ses devoifs à t*é(^)rd de la foi? Comment devait se faire le partage entré ces deux puissances qui se présentaient pour diriger et pour éclairer rhommé? Avaient-^Ues utt domaine . commun ou des domaines séparés? A laquelle appartenait la suprématie ? Toutes ces questions inoottnues à Tantiquifé sont nées du christianisme, et il &*est pas nécessaire de réfléchir longtemps pour 8é persuader que de la solution qu'elles reçoivent au fond le plus intime d^uue àme, dépend Tavenir dé cette âme, sa direction religieuse et philosophique, selon qu'elle a comprimé ou développé eu elle plus ou moins l'élan de la M ou Télan de la raison.
Nous avons vu quel était le sentiment de saint iliomas. U distingue deux sortes de vérités : 1* celles qui sont à notre portée, que nous pouvons connaître
pur nous-mêmes; 2* celles qui dépassent notre entendement, et que nous aurions toujours ignorées, si Dieu n'avait pris soin de nous les jrévéler. U ne blâme donc pas Tusage de la raison : il ne la réduit pas à rimpuissance, et, loin de là, il lui accorde clairement et sans détour le pouvoir d'acquérir certaines notions dont Tensemble constitue la science hutnaine et en particulier la philosophie. Telle est sa ferme coUvic-
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tion à cet égard, qu'il allègue à tout propos les philoMphet el qu'il s'appaie sur leur âtttarilé. Saini Thomas cTune autre part, a^eo un sentiment profond de l'insuffisance de la rajBon, invoque le secours divin da la foi, dont le toI continue longtemps après que la raison a*eat arrêtée, et qni atteint des rérités inaccessibles à la portée naturelle de Teutendemeat; en fftoe et au-dessus de la philosophie, il pose la théologie qui s'élève plus haut et qui pénètre plus loin. Saint Thomas constate en même temps que la foi peut s'appliqumr et qu*en fait elle s'applique même aux vérités qui sont à la portée de la raison , et cela parce que Foeuvre de la raison est laborieuse, difûoiiei qu'elle coûte beaucoup de temps, et que si nous n'avions pas d*«ntrv voie pour arriver à la vé>rité, la plus grande partie du genre liuniain serait plongée dans 1 ignorance; d'où il suit que c est une prévoyante disposition de la Fnmdenoe à Tégard dû commun des hoaiinef», qtii leur a réservé dans l;i lui un moyen plus simple et plus court d acquérir les eonilaiasanees qui les intéressent.
La doctrine de haiuL Thomas, il laut le remarquer, ne lui est point particulière ; mais elle est la tradition eonstantei universelle de TÉglise oatholique.
L'apologétique chrétienne s'est souvent montrée pleine de rigueur envers les jphiioâopbes et la philoM^hie* Que de fois elle a paru se complaire dans la peinture de leurs défiûllances et de leurs chutes, distinguant à peine entre les systèmes, et se lais-
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sant aller à confondre , par excès de sévérité , les doctrines nobles et généreuses avec les rêves impies qu'elle signalait justement an mépris de tous les < cœurs honiiùtesî Sans dui^te par ces reproches amers, à dessein exagérés, elle se proposait d humilier notre ^ orgueil et de nous enseigner la modestie et la son* mission. Mais à quelle époque a-t-elle érigé en principe et admis pour point de départ Timpuis* sance radicale et absolue où serait la raison de s'élever par ses seules forces, dans Tordre moral, à la cuûuaissance positive et certaine d'aucune vérité?
Est-ce dans les premiers siècles du cbristianisme , lorsque les Justin, les Clément, les Basile, les Augui^tiii, Tertuilien même, je ne parle pas d'Origène, imbus des maximes de la sagesse antique, les appliquaient à la démonstration du dogme chrétien , sapaient le paganisme avec les armes que des païens leur avaient eux-mêmes fournies» et associaient, si je rose dire, la raison et la philosophie aux triom* plies surnaturels de la grâce ?
Est-ce pendant le cours du moyen âge, témoin d'inépuisables controverses, où Tabus du raisonnement dégénéra de bonne heure en subtilité, où le respect des doctrines d*Aristote fut souvent poussé jusqu'à la superstition , où les écrivains arabes étaient invO" qués, malgré leur culk et leurs aberrations, ])ar les plus saints docteurs, où eu un mot les raffinements de la science profane débordaient de toute part renseignement religieux, sous l'œil et avec rapprobalion
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deTÉglise, jusqu'au jour où Texcès du mal en fit iqiereevoir le danger, noa-seulemeot pour la foi, mais pour la philosophie elle-même?
Est-ce enfin au xvii^ siècle, au siècle de l énelon, Bossueti Malebraoche» Aruauld, Bourdaloue, lors* que les beautés sévères du Cartésianisme ralliaient tant de fermes esprits, la gloire de l'Église de France, qui empruntaient à la philosophie nouvelle sa mé* thode et ses démonstrations , et qui consacraient dans leurs écrits, d'une manière si éclatante, Tunion salutaire de la pensée libre et de la foi? . > , Non-seulement TÉglise n'a pratiqué à aucune époque de son histoire le principe de l'impuissance absolue de la raison; mais toutes les fois que ce principe a été éoiis, elle Ta repoussé et formellement condamné*
Dès le Xi II'' siècle, cette prétention que la vérité religieuse est au-dessus des démonstrations humaines, qu'elle dépasse la portée de l'entendement, figure sous des formes diverses au nombre des erreurs condamnées par l'évèque de Paris, Etienne Tempier'.
Au XIV* siècle , quel est celui, qui enseigne que
1. Toid quelques^nes des propositions oondamoées par Êtienne Teropier, : c 120. Qiiod nihil potest sciri de intellecta post ejus separationem. — 184. O^od creetio non est possittîjlis , quamvis contrarium tenendum ait, secundum Sdem. — 911. Qaod de Dpo non potest cognosci, nisi quia est, sivo ipeiim esse, b Yojr. Du Boulay, Hist. unir. Paris., t. III, p. 432 et sqq. D'Argentrè, CoUcct. judi* eiorum de Nw. Erroribui, 1. 1, p. 177 et sqq.
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l'e&isteace de Dieu est un objet de foi| qu'elle ne peot pas M prouver non plne qno lu qnriiualité dt r&me? Est-ce un théologien autorité? Non, c'est le réoovateur du Dooiinalisme, le nom le plus suspect de rÉcoLe, Guillaume Occanii que sa philosophie seeptique ne contribua peut-être pas moins que ses hardiesses en matière de gouvernement et de disci-pUne, à faire condamner par les universités et par le saint-eiége.
Je ne paile pas de Luther, ni de Calvin, ni de Baius dont i*hérésie eut pour caractère la négation de la philosophie. Mais dans le sein même du ealho-
liciame, qui ne connaît reCfet déplurabk; que produisirent au siècle de Louis XIV les paradoiies sceptiques de révèque d'Avranches, Daniel Huet?
Après avoir lu la Critique du Cartésianisme \ Arnauld écrivait" :
M Je ne sais ce qu'on peut trouver de bon dans le livre de M. Hiiet contre M. Descartes , si ce n'est le latin; car je n'ai jamais vu de si cbélif livre pour ce qui est de la Justesse d*esprit et de la solidité du raisonnement. C^est renverser la religion que d outrer le pyrrlionisnie autant qu'il fait; car la foi est fondée sur la révélation dont nous devons être assurés par la connaissance de certains faits. - S'il n'y a donc point de faits humains qui ne soient