Ceniura phiUfSophix Cartes lanx, 1689. Souvent réimprimé
2. Cit. par M. Cousin. Pensées de Pascal, avanl-propos, p. xxiil. Voy, un autre paasago d'Âraauid, OEuwr. comp., i. XXLX,ViU| 98*
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incertains y il n*y A rien sur quoi la toi poiase être
Et plus tard, à la mort de Huet, quand parut, par les soins indiscrets de l'abbé d'Olivet, le Traité de la finbleue de i etprit humain, le aoulèvement fut si gé* néral que hi eompagnie de Jéstis , dans son attache* ment pour l'auteur, ne crut pouvoir mieux faire, pour le couyrir^ que de déclarer rcmvtBgo apociyphe
La guerre a reeonimenoé de nos joni^ contre la raison et la philosophie, avec quelle âpreté, quelle véhémence, quels emportenaents/êeui-là seulement peuvent le dire qui furent les témoins de ces déplo* rables luttes» inaugurées, il y a quarante ans, par ÏEuai sur f Indifférence. Mais comment oublier les désaveux persévérants que l'autorité spirituelle a infligés aux téméraires qui s'étaient compromis et qui Tavaient compromise elle*méme dans une crol*- SBde imprudente? Ni ceux qui déracinaient du cœur de rhonime toutes ses croyances naturelles, ni ceux qui déniaient à rintelligence le pouvoir de se démontrer à elle-même Texistinee divine ^ n'ont trouvé grâce devant l'Église. Elle a repoussé le pyrrhonisme absolu des premiers et le scepticisme mitigé des seconds; à tous ces adversaires de Ut science fau-
1. Yoy. dant Uê Mimùim dê Trioom^ join 17S5, un iitide destiné à élablir « que le titre ti beaucoup plaa le deesein de Touvrage juraient avec le nom et le caractère de radtsor à qui on osait VallriSuer, et que c'était quelque pyrrhonien outré qui avait voulu mettre en crédit une doctrine surannée à Takie d'un nom ai respectable aux savants et 4Ux gens de bien. >
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niaiiie, elle a rappelé av(M: ménagement, maiii avec décision, que si la faiblesse et les témérités Fesprit de ,i*homiiie lui iaapirent des défianoes, hélas! trop justifiées, cependant elle ne considère pas nos facultés inteliectuelles comme un don illusoire de la Providenee^ elle admet leur véraeité native et leur portée irréensable lorsqu'elles sont sagement cultivées et dirigées.
Ce n^est pas un des moindres titres de saint Thomas que d*aToir contribué à définir et à fixer dans l'enseignement théologique cette doctrine salutaire. Quand une philosophie hostile au christianisme est parvenue à ébranler dans un pays les convictions et à relâcher les liens religieux, il peut paraître expédient, pour la mieux combattre, de prendre a partie Tautorité de la raison» la seule qu'elle reconnaisse, et de saper ainsi d'un seul coup ses objections et ses doutes. Mais la tactique est encore plus périlleuse qu*eUe n*est habile, ce On ne divise pas l'homme, disait M. Royer-Gollard, on ne fait pas au scepticisme sa part; dès qu'il a pénétré dans i eniendement, il l'envahit tout entier. » Fâtp-il enseigné au nom de la foi, le scepticisme ne change pas de caractère; il s'attaque à toutes les pensées et à toutes les œuvres de l'homme sans exception, et il entraîne ceux qui le professent par religion à des extrémités que la religion désavoue.
Si la raison est frappée d'une impuissance irrémédiable, elle doit puiler partoiil ce vice originel, cette
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faiblosse indélébile. La philosophie n'est pas seule atteinte; tous les produits de l'intelligence le sont
comme elle. Le beau échappe à notre portée autant que le vrai. Pour le goûter et surtout pour le reproduire, Tinspiration de Dieu, j'entends une inspiration surnaturelle est nécessaire à T homme Tant que le souiBe divin ne l'anime pas, le génie le plus sublime n'enûinte que des œuvres équiyoques qui peuvent cli armer les sens, mais qui égarent et qui pervertissent i'àme. 11 n'y aurait plus dès lors d'autre poésie que' les hymnes saints; d'autre éloquence que la paiole du prêtre, dauLie musique que h s chants religieux, d'autre architecture ([ue les monuments éloTés par les mains de l'Église. Les chefs-d'œuvre de la Grèce et de Rome paraissent des fictions impures de rimagination païenne dont le commerce ternirait Tinnoeence d^un cœur chrétien. Supposes que, sons l'empire du christianisme, une ftme tendre et un grand esprit comme Féneloa se soit laissé captiver aux charmes profanes de l'antique littérature; que dis-je? supposez qu'ils aient séduit et entraîné tout un siècle, ce siècle est d'abord accusé d'avoir consommé la renaissance du paganisme; ses poètes, ses jurisconsultes, ses historiens, ses artistes sont
1. Voy. lei Uttm à Mgr lliipafilcHip, évè^ i^ÙrUm» mr U paganitm» dans f éducation, par H. Tabbé Gaïune, Paris, 185S, in^, p. 176 : € DftOB FéD^km, i*eBprit païen, l'esprit de Tiifile et d'Horace, anime toutes les pensées, coule de source de la ^lume de rélégnnt écrivain; mais la vie, la chaleur douce et péoétraotey 1« loacbe do oonr, vous la chercberez eo vaia. »
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aUeioto de ^spicion ; peu s'en faut que leurs ouvrage ne soient eonfondus avee ceux des aneiena dana le même «nalhème qui a frappé les philosophes et k raison. Telle est la première consi^queuce du systèmor et quand on se rappelle Tétrange. débat qui s'agitait, il y a peu de temps encore, soua nos yeoi, et qui a été assou]>i [lar la haute sagesse du souTeraîn Pontife, on est bien forcé de reconnaître que cette conséquence est rigoureuse i el que nous ne ra?ons
pas imaginée à plaisir pour les besoins de la cause.
Mais les lettres et les arts ne sont pas avec la phik^ Sophie les seules ai^cations de rin(eUîgen4^ hu*
manie; la raison revendique aussi sa part dans Torganisatlon des sociétés. Considérez les institutions des diflérents peuples de TEurope ; prenes-les à Tort* gine et voyez ce qu elles sont devenues aujourd'hui. JU>i8 politiques , lois civiles, lois criminelles, toute changé profondément. L'antique féodalité a disparu; au privilège Tégalité a succédé; la vie, la liberté, la propriété des citoyens ont été mieux protégées ; Tadmi^ nistrition de hi justice elle-même a subi des réformes capitales. Or à quelle cause, après le ehrîstîanîsme» faut-il attribuer la plus grande partie de ces change* ments sinon à Tclfort opiniâtre et i Taeeendant viote» rieux de la raison qui les ayait pressentis, proclamés^ soutenus, et qui des hauteurs de la théorie les a Cait deeeendirepeu àpeo danaledomainedeafiùtsetdelft pratique? Mais tant yaut rarbre, tant valent ses fruits» La raison ne peut pas avoir porté en politique des
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fruits meilleurs que dans les autres sphères où son activité s'exerce. Donc, les lois qu'elle a inspirées soat jogées d*aTanc6; comme ka scieiHm et la liiténaim profanes, elles sont répudiées avec énergie par les esprits abusés qui rêvent le triomphe exclusif de la foi. Ces défenseurs officieux du catholicisme qui oe leur a pas donné mission de parler pour hii, dénon^ cent comme une véritable calamité les transformations sociales que riofluence de la philosophie et la diffiiiiion des lumières ont opérées depuis trois sièeles et surtout depuis soixante ans. Us ne se contentent pas de mettre sous nos yeux le tableau des services que l'Église catholique a rendus à la civilisation et de ceux qu'elle peut lui rendre encore : ils poursuivent une bien autre eondusion et prétendent prouver que l'idéal , en &it de gouvernement , c*est la suprématie même temporelle du sacerdoce, ils se posent en adversaires déclarés des institutions qui ont une origine et un. caractère laïques ; et comme la société civile ne se rend pas à l'évidence de leurs démonstrations , comme en dépit des haatains avertissements qu'elle reçoit, elle continue sa marche ordinaire, ils ne tarderaient pas à se séparer ddlcy à devenir étrangers à son esprit et à ses habi* todes, insensibles à ses douleurs comme à ses Joiesi à ses triomphes comme à ses revers , si les bous instincts de leur nature ne les anêtaient pas sur celle pente fiMale. Pour ceux ehes qui l'esprit de système Va emporté) leur temps qu'ils ne comprennent plus
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et qu'ils paraissent avoir oublié, les oublie à son tour; leur voix cesse d'être écoutée; chaque événement qui s'accomplit I chaque progrès qui s'opère, agrandit la barrière entre les excès de leur aveugle piété et les misères morales trop réelles que rÊvangile les conviait à soulager*
Que des esprits absolus puissent s'accommoder d'une pareille situatiou en politique, eo philosophie, en littérature, peut-être ne faut^il pas en être étonné; mais qui oserait soutenir qu'elle n*est pas contraire à Tesprit de la religion chrétienne, à sa mission de lumière et de charité, aux traditions les plus constantes de rÉglise, qui a toujours recommandé à ses enfants la modération, la sobriété, l'exact développement et le juste équilibre de tous les dons accordés à Tâme humaine par la bonté du Créateur?
ce En attaquant le rationalisme, disaient naguère, avec l'approbation du sainlrsiége, les évêques de la province ecclésiastique de Reims , asflfemblés en concile dans la ville d'Amiens, en attaquant le rationalisme, qu'on prenne garde de réduire à une sorte d'impuis- . sance l'infirmité de la raison humaine. Que Thomme jouissant de l'exercice de la raison, puisse percevoir et même démontrer plusieurs vérités métaphysiques et morales , telles que Tezistence de Dieu, la spiritualité, la liberté et 1 iiiiiiiorlalité de Tàme, la distinction essentielle du bien et du mal, c'est là ce qui résulte de la constante doctrine des écoles catholiques. Il est faux que la raisou suiL tout à fait impuissante à
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