fislruclloM, ete., p
29(i fUPPOHTS
marcher seulB^ autant que la condition de notre esprit le permet; voue découvrez sans étonnement que
ces derniers ne l'emportent sur les autres qu'eu présomption, et que« doués sans doute de facultés brit> lantes qui pouvaient reccToir une direction meilleure» ils n'atteignent pas le savoir élevé et profond, ni la solidité incomparable des maîtres de la science.
Si jamais rintelligence de Thomine enivrée d*elle* menus a donné la mesure de sa vertu originelle, certaiiienu'nt c'est de nos jours, dans les systèmes de la philosophie allemande si variés et si ingénieux. Et cependant qu'a produit cette philosophie, effort suprême de la raison abandonnée à ses seules lumières? Ses partisans diront-ils qu'elle a créé un vaste et rapide courant d*idées? Mais qu*importe la force du courant, si les idées sont fausses» et si elles passent à travers le monde, comme un torrent qui entraîne et submerge toutes les vérités scientifiques et sociales? Quand les historiens raconteront dans la suite les destinées de ces écoles si vantées , je crains qu'ils ne portent sur elles un jugement rigoureux ; car, malgré une sinf^ulière puissance de pénétration, elles n'auront réussi qu'à pousser i'idéaUsme et le panthéisme à leurs limites les plus extrêmes.
Il serait facile de trouver d*autres écoles à qui la prétention de suivre la seule raison a également porté malheur. L'expérience témoigne que la foi n*a jamais empêché Tessor du génie; mais que le défaut de foi a occasionné la chute et la perte de plusieurs.
Oigitized by
DË LA FOI £T BË LÀ RAISON. 297
Remarquons aussi que parmi les opinions des philosophes, les seules que le temps ait épargnées , se trouvenl en harmonie avec le christianisme. Il y a» osons le dire, deux parts k faire dans chaque système,
ce que la foi chrétienne «ipprouve , ce qu'elle condamne : la première est seule durable; la seconde un peu plus tôt, un peu plus tard disparaît; les philosophes eux -iiitiiies finissent ])ar rerniiiiaîtpe qu'elle est erronée, et ils ont peine alors à s'expliquer rapprobation dont elle a été passagèrement Tobjet.
Nous sommes donc ramenés de toutes parts à cette conclusion, que la raison de riiomme, dans sa condition présente, ne se suffît pas pleinement à ellemême, et que sur son propre terrain, elle est exposée aux chutes les plus graves « si elle n'a pas pour auxiliaire la croyance. Il y a un double excès que signalait Pascal : «r exclure la raison, n*admettre que la raison'.... » Nous avons dit que certains théologiens sont tombés dans le premier; le penchant des philosophes les entraîne vers le second; saint Thomas a su éviter l'un et Tautre. Chez lui, l'étendue de l'érudition n'a pas altéré la pureté de la foi , et de son côté la foi n'a jamais été un obstacle aux spéculations les phis abstraites de la philosophie. Sachons à son exemple marcher d'un pas également ferme dans la double voie que la Providence a ouverte à Thomme, et dont le terme est la possession de la vérité.