‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 93 sur 125 · PmÊia, édit. Havet, p · texte numérisé non relu

PmÊia, édit. Havet, p

m RAPPORTS

n y aurait à recueillir chex saint Thomaa m auti>e

enseigneinent, qui est le corollaire du précédent, mais qui par sa valeur propre, mérite une (ueptiou particulière; c'est que les vérités de Tordre surnaturel ne Bofat pae en opposition avec les véntés naturellement connues^ de sorte qu'il existe uue fftpiie alli4nce entre la religion et la philoaopbie.

Chose étrange ! cette maxime si simple et si aisée à entendre, a été souvent méconnue.

Selpn Spipoza, raison et la fqi n'ont aucun rap* port entre elles; nourseulement elles sont distinctes, mais séparées; chacune a son domaine dont elle doit rester maîtresse absolue, sans être inquiétée et sans elle^nême usurper le domaine de l'autre*.

Le motif de ropiiiioii ou plutôt de l'erreur de Spinoza, est une vue incomplète du but de la philosophie

1. Tract theol /Mi/i7.,c.xiv:«OstendaminterQdem,8ivo Thcolocrinru, Philoso^hiain aullum esse commcrcium , nullamve affîaiiaiem , quod jam nemo potest ignontro, qui harum duarum faciillatum hcupuiïi et fundamenlum novil, qu^u saiie loto calo discripanl. Philosophioe eoim scopus nihil est, pra}ler vtritatem. Fidei autem aihil, pr»ter oMietitisiii et pieutem. * La doctrjpe de Spinoza 9 été Bolideroeot réfutée par Bl. Damiroj), Ewù iur V histoire dt la pkilotoph^ en Franct au xvii* stécfa, Pari«, 1846, 2 vol. in -S, l. M, p. 231. Yoy.. auasi le Ditman- prmomt à Is FamM dm klêm Paris, par H. Daroiroo, oovarlore du cours de Tanoée scolaire 1845- 1S46, sur la qaestion De$ rapport* de la foi et h raiton. Pena, 1645, in-S.

DB LA POI ET DE 1»A RAISON. iô^

el de cèlni do la religion, fl a soutenu en effet que* la

philosophie se proposait seulement la connai^sani^ spéculative du yraif et que de son côté la retigiou de* vait inculquer aux hommea dea sentimentir de piété

' et d tibéissance. Mais définir ainsi la double mission du philosophe et du théologien, c'est la partager, la aeinder et Tamoindrir» scienoe du premier tend la pratique, et les pieuses pratiques du second supposent la science. Ou plutôt tou^ deux clierchent ^lement le vrai^ tous deux ont un égal ampur du bien, quoique leurs points de départ et leurs procédés m soient pas les mômes. Mais si les voies quHU suivent août diftéreates» iU i» retrouvent au terme /et pendant leur course même, l'unité du but qu lis poursuivent, établit entre eux de mutuelles relations. C'est en vain que Spinoza les convie à agir comme des étrangers; la nature ne leur permet pas l'isolement.

D'autres écrivains ne pient pas que la philosophie et la religion n*aient un domaine à certains égards

coiiiiiiiiii. Mais ils se représentent la raison et la toi ' comme tellement opposées entre elles, que les réponses de l'une contredisent sur la plupart des points celles de l'autre, et que les vérités uaturelh's sont détruilea radicalement par les vérités de Tordre surnaturel.

Qui ne sait avec quelle ardeur le sceptique Bayle a embrassé cette opinion, avec quelle habileté captieuse il l a soutenue! foute sa vie, on peut le dire^ s'est passée tristement h reeberpher les dissonances qui

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