Die \VM ala Wille und VorslcUung, toiu. 11, ch
De ce point de vue, il condamne la théologio ualurelle aussi bien que le spiritualisme ou le matérialisme.
Il y a, dit-il, des conceptions de la philosophie qui sont non-philosophiques au plus haut degré, par exemple, celle qui lui donne pour objet de déterminer le rapport du monde avec Dieu. C'est cependant l'erreur dans laquelle beaucoup de philosophes modernes sont tombés. Leur philosophie n'est d'un bout à l'autre que théologie, mais ils se contentent d'établir les rapports de l'univers et de Dieu sans spéculer sur les trois personnes de la Trinité et leurs rapports entre elles ; comme si la philosophie n'avait rien de mieux à faire que de porter la queue de la théologie. Contrairement à cette philosophie déloyale, impure, théologisante, je l'erai remarquer que toute vraie philosophie est essentiellementai/it'o.o^i7«(?. Que l'on parte, comme les anciens, de l'axiome : Rien ne vient de rien; ou comme les modernes, du sujet pensant, dans le cerveau duquel le monde est représenté, pour distinguer le phénomène de la chose en soi, ce qui est représenté de la réalité représentée; dans les deux cas, la philosophie, pour rester elle-même, n'a pas à se préoccuper des dogmes traditionnels d'une église quelconque, ni à sortir du monde pour s'élever à un Dieu qui en diffère toto cœlo; elle doit rester dans le monde où elle trouve une antithèse enti^e ce qui est éternel, immuable, et ce qui est temporel, périssable ; entre la chose en soi et le phénomène, et cela dans Vintériear même de l'univers. Elle ne sait rien d'un Dieu personnel, situé hors du monde : elle est donc en ce sens, athée.
Schopenhauer a repris pour son compte toute la critique que Kant a faite de la théologie ratioimcUe, sans y rien ajouter d'aiUeurs d'essentiel. 11 soutenait que l'idée de Dieu n'est pas innée ; que le théisme est un résultat de l'éducation, et que si on ne parlait jamais de iJJou ti un enftf.nl, il n'en saurait jamais rien ; que
PR.NCirES GÉNÉRAUX DE SA PHILOSOrHlE 57
Kopernik par ses découvertes astronomiques est l'un dos hommes qui a le plus fortement ébranlé le théisme, etc., etc.*
L'idée de Dieu, tût-elle innée, ne serait pour nous d'aucun profit. D'abord Locke a établi d'une manière irréfutable qu'elle ne l'est pas : admettons cependant ce caractère d'innéité. Qu'est-ce qu'une vérité innée ? c'est une vérité subjective. L'idée deDieu seraitdonc une forme a priori^ toute subjective, comme le temps, l'espace, la causalité; mais qui n'établirait en rien l'existence réelle d'un Dieu ^. Ce qui infirme à jamais toute théologie rationnelle c'est que le nerf caché de toutes ses démonstrations, c'est le principe de causalité, — ou de raison sulïïsante — qui, valable dans l'ordre des phénomènes, n'a plus aucun sens, dès qu'on en sort. « La philosophie " est essentiellement la connaissance du monde : son « problème est le monde : c'est de lui seul qu'elle s'oc- " cupe et elle laisse les dieux enrcpos ; ellecsi)èrc qu'ils « feront de même à son égard^. »
Schopenliauer rejette comme absolument illusoire, l'opposition vulgairement établie entre l'espiit et la matière. Le monde, considéré philosophiquement, se scinde non pas en pensée et en étendue, comme le voulaient Descartes et son école ; mais en monde rrcl (c'est-à-dire indépendant de la connaissance) et en monde idéal (représenté, connu, pensé) ; ce qui s'appelle dans la langue de Kant, l'opposition de la chose en
1. Er Icugnele diss die Idée Gottes an.çe'iorcn sei. I)cr Theismiis ist aner/.o.cren. Man sage eincin Kirulenie ftvvas von Golt vor, so wird cr von koineni Gott wissen. — Soit Kopernikus Koninicn die llieolo- {rcn mit dcin liebcm Gott in VoMlegeiiheil ; d»'nn es i.>t l;ein Ilimniel nielir, fiir ilin da, WD sic ihn, wie friilier, placiren lionntcn. Kciner hat dein Theisrnus so vie! gostadet als Kopernilius. — jVt;mo7'a(j(7((,'n, jj. 171 et l'J.— Il n'est pas plus doux pour le panthéisme : il prétend i> (ja'un Dieu impersonnel est une invention des professeurs de plii- Kisopliift, un mot vide de sens pour contenter les niais et faire ta ir« les cûi.-lK'rsdc liacre. »
'2. Uuber die vierfache Wurzcl des Satzcs r. z. GrunAe § 32-33.