Dte Wrll, tulii. 1, liv. 111. $4b
delà volonté; l'art est presque soustrait à toute limite, et affranchi du joug de la volonté.
Schopenhauer, on se le rappelle, distingue deux, sources de jouissan^3 esthétiquî, selon qu'il considère l'idée qui est saisie, o i la félicité, le repos qui en résultent dans le sujet- il ajoute que ces deux plaisirs denuance diverse, no sont pas excités indifféremment pui' ■e même genre de beauté, mais qa us se succèdent l'un a l'autre, d'après une loi déterminée, à savoir le degré d'objectivation de la volonté. « Dans la beauté de la nature inorganique et des végétaux ou dans les œuvres d'architecture, la jouissance du sujet pur doit l'emporter; car ici les idées ne sont que d'humbles degrés de l'objectivité. Si au contraire ce sont les animaux et les hommes que l'art considèi'e ou représente, la jouissance doit être plutôt dans la contemplation objective des idées où la volonté se manifeste par l'expression la plus signilicativé *. L'intelligence ainsi, par l'intermédiaire de l'art, se répand à tous les degrés dans le monde. Il en résulte que si les beaux-arts, pour employer la terminologie do Kant, se distinguent les uns des autres par la matière, du moins ils se ressemblent et se confondent presque par informe: il n'y a en réalité, qu'un seul art, celui de ''intuition pure, qu'un seul genre d'artistes, les contemï)latifs ; il n'y a qu'une seule méthode pour traduire la nature en représentation esthétique. Mais la nature ellemême manifeste à des degrés très dilférents l'objectivalion de la volonté et c'est de l'inégalité de ces degrés qu'on tient compte dans la classification des beau.Karts, qui devrait plutôt se nommer la classification des idées.
Les premières idées qui aident la volonté à se manifester Jans l'univers sont les idées de la matière inorganique. Ici toutefois une objection se présente : La matière, comme telle, ne peut pas être la représentation