‹ La philosophie de SchopenhauerChapitre 34 sur 56 · Die Welti iom. H · texte numérisé non relu

Die Welti iom. H

Z Ibid.

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l^autrô, objectif, la connaissance môme des idées. Il faut insister d'abord sur le premier : aussi bien Schopenhauer ne peut contenir son émotion, quand il parle de l'affranchissement du sujet, de sa manumissio *; on croirait entendre un quiétiste, madame Guyon elle-même, quand, après les douleurs de la servitude, il songe à la paix, à la sérénité de la délivrance. « C'est l'état sans douleur qu'Epicure célébrait comme le plus grand bien et comme l'état même des dieux : car nous sommes, pour un instant, délivrés du joug odieux de la volonté, la roue d'Ixion s'artrête, c'est le jour du sabbat, après les travaux forcés du vouloir *. » Ces paroles de contentement sont faites pour étonner les philosophes et les psychologues qui définissent l'art une œuvre de volonté et le génie « une longue patience ; » elles semblent démentir les confidences et les plaintes des poètes sur la difficulté du beau et le labeur pénible de l'inspiration. Schopenhauer n'attribue même pas au génie cette sorte de délire que Platon décrit dans Y Ion : l'art lui apparaît, au contraire, comme un séjour de repos et d'inaltérable félicité. « Cest cette félicité, dit-il, que nous voyons chez les maîtres hollandais qui appliquaient une contemplation purement objective aux objets les plus insignifiants, et qui, dans une a scène (T intérieur^ » laissaient le monument durable de leur objectivité et de leur sérénité intellectuelle. » La nature, ajoute-t-il, fait éprouver aux hommes les mêmes sentiments : « le malaise des soucis et des passions est apaisé par un simple regard jeté sur l'univers; le torrent des passions, l'orage des désirs et des craintes, le tourment de la volonté, tout est aussitôt calmé d'une façon merveilleuse. » Ici Schopenhauer se rencontre avec la plupart des poètes et des romanciers: depuis Monsieur de Nemours, qui, dans le roman de Madame de Lafayette, console sa peine en admirant autour de lui

i. DieWelt, tom, II, §31.

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