‹ La philosophie de SocrateChapitre 13 sur 73 · L^ÉTUDE DE L'HOMME · texte numérisé non relu

L^ÉTUDE DE L'HOMME

« eux-mêmes sont instruits de ce qui leur convient, c et distinguent les choses dont ils sont capables «on non. Ils se bornent à faire ce qu'ils savent, «cherchent à acquérir ce qui leur manque, et, « s'abstenant complètement de ce qui est au-des- « sus de leur connaissance, ils évitent les erreurs « et les fautes. Mais ceux qui ne se connaissent « pas eux-mêmes et se trompent sur leurs propres «forces, sont dans la même ignorance par rarp- « port aux autres hommes et aux choses humaines « en général ; ils ne savent ni ce qui leur manque, ni « ce qu'ils sont, ni ce qui leur sert ; mais, étant dans « l'erreur sur ces choses, ils laissent échapper les a biens et ne s'attirent que des maux \ » Même doctrine dans Platon, avec plus de portée philosophique, a Tu avoues que tu es flottant dans tes ré- « penses sur le juste et l'injuste, sur l'honnête et « le malhonnête, sur le bien et le mal, sur l'utile « et son contraire: n'est-il pas évident que cette in- « certitude vient de ton ignorance? — Cela paraît « bien vraisemblable. — C'est donc une maxime « certaine que l'esprit est nécessairement flottant « sur ce qu'il ignore? — Comment en serait-il au- « Irement ? — Dis-moi, sais-tu comment tu pourrais « monter au ciel ? — Non , par Jupiter, je le jure. — Et « ton esprit est-il flottant là-dessus ? — Point du tout. « — En sais-tu la raison, ou te la dirai-je? — Dis. — « C'est, mon ami, que ne sachant pas le moyen de « monter au ciel, tu ne crois pas le savoir, —

* MémorahleZy 1. IV, c. ii.

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