‹ La philosophie de SocrateChapitre 27 sur 73 · FONDEMENT ONTOLOGIQUE DE LA MÉTHODE DE SOCRATE · texte numérisé non relu

FONDEMENT ONTOLOGIQUE DE LA MÉTHODE DE SOCRATE

éàMénon ce qu'est la vertu (rt èauv -h àpervî), le jeune homme répond par une multitude d'exemples etd^espèces : la vertu de l'homme, la vertu de la femme, celle des enfants, celle des vieillards, etc. «Il paraît, dit alors Socrate, que j'ai un bonheur « singulier : je ne te demande qu'une seule vertu, et « tu m'en donnes un essaim tout entier. Mais, pour « continuer l'image empruntée aux essaims, si, « l'ayant demandé quelle est la nature de l'abeille, « tu m'eusses répondu qu'il y a beaucoup d'abeilles « et de plusieurs espèces, que m'aurais-tu dit si « je t'avais demandé encore : Est-ce précisément « comme abeilles qu'elles sont en grand nom- «bre, de plusieurs espèces, et différentes entre «elles? ou ne diffèrent-elles en rien comme abeil- « les, mais à d'autres égards, par exemple par la « beauté, la grandeur, ou d'autres qualités sembla- «blés? Dis-moi, quelle eût été ta réponse à cette « question ? — J'aurais dit que les abeilles, en tant « qu'abeilles, ne sont pas différentes l'une de l'au- « tre*. » Cette distinction de l'essence et de l'accident est certainement socratique, puisque toute la méthode de Socrate a pour but de séparer l'accidentel et le variable de l'essence générale et constante. «Si j'avais ajouté: Ménon, dis-moi, je te prie, en « quoi consiste ce par où les abeilles ne diffèrent « point entre elles, et sont toutes la môme chose ; « aurais-tu été en état de me satisfaire? — Sans

^ Men., 64, e.

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