‹ La philosophie de SocrateChapitre 28 sur 73 · FONDEMENT ONTOLOGIQUE DE LA MÉTUODE DE SOCBATE · texte numérisé non relu

FONDEMENT ONTOLOGIQUE DE LA MÉTUODE DE SOCBATE

« doute. — Eh bien, il en est ainsi des vertus. Quoi^ c< qu'il y en ait beaucoup et de plusieurs espèceS|i c< elles ont toutes une certaine forme commune

« (ev ye u elioq raùrov anadai ï)(ov(Tiv) par laquelle elles

«sont vertus {$iS siaiv iptral); et c'est sur cette « forme que celui qui doit répondre à la personne « qui l'interroge fait bien de jeter les yeux, pour « lui expliquer ce que c'est que la vertu... Pareille- « ment, si on te demandait ce que c'est que la couce leur, et si, après que tu aurais répondu que c'est « la blancheur, on te faisait cette nouvelle ques- « lion : la blancheur est-elle la couleur ou une cour « leur ? tu dirais que c'est une couleur, par la raison « qu'il y en a d'autres... Et si on te priait de nomce mer d'autres couleurs, tu en nommerais d'autres ce qui ne sont pas moins des couleurs que la blan- « cheur. — Oui. — Dis-moi quelle est cette chose c< que tu nommes figure, qui comprend également « la ligne droite et la courbe, et qui te fait dire que « l'espace rond n'est pas moins figure que Tespace ce renfermé entre des lignes droites? N'est-ce point, ce en effet, ce que tu dis7 — Oui. — Lorsque tu ce parles de la sorte, prétends-tu pour cela que ce ce qui est rond n'est pas plus rond que droit, ou ce « qui est droit pas plus droit que rond? — Nulle* ce ment, Socrate. — Tu soutiens, cependant, que (( l'un n'est pas plus figure que l'autre, le rond que « le droit. — Cela est vrai. — Essaye donc de me e< dire quelle est cette chose qu'on appelle figure. e< Si, étant ainsi interrogé par quelqu'un, soit tou-

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lâchant la figure, soit touchant la couleur, tu lui i disais : mon cher, je ne comprends pas ce que « tu me demandes, et je ne sais de quoi tu veux « me parler, probablement il en serait surpris, et « répliquerait : Tu ne conçois pas que je cherche ce « qui est commun à toutes ces couleurs et figures

« (to ènl Tràfft rovroiç ravrov). »

On reconnaît dans ces pages une exposition fidèle de la méthode socratique. Seul, le mot elâoç^ qui signifie une forme commune, semble appartenir à la lan^gue de Platon, quoique, après tout, ce mot ait pu être employé par Socrate même, mais sans la portée métaphysique que Platon lui attribue. Sauf cette substitution du terme elâog au mot de yévoç, employé dans les Mémorables^ l'accord est complet entre Xénophon et Platon. Tous les deux nous montrent Socrate cherchant Vessence des choses dans ce qu'elles ont à^universel : ce qui fait que l'abeille est abeille, que la figure est figure, c'est le caractère général et constant qui demeure comme un fond immuable sous la variété des espèces et des phénomènes.

Cependant, le côté relatif des choses n'a pas échappé non plus à Socrate, et il semble avoir connu, non-seulement ce qu'Aristote appelle la catégorie de l'essence (to rt èarri), mais encore la catégorie de la relation {rb irpo^ n). Il ne se contentait point, dans l'appréciation des choses imparfaites qui nous entourent, de généralités abstraites ou de notions trop absolues : il savait que l'univer-

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