FONDEMENT ONTOLOGIQUE DE LA MÉTHODE DE SOGRATE
sel et le particulier, Tabsolu et le relatif, sont ton jours mêlés ici-bas, et que la pluralité se joÎD< toujours à Tunité. Les genreSy dans sa pensée, n'estaient donc jamais séparés des objets particulier? où ils se manifestent, et où ils prennent un caractère relatif. Le genre était sans doute pour lui ce qu'il y a d'essentiel dans les choses, mais il était toujours dans les choses.
« Aristippe, dit Xénophon, avait grande envie « d'embarrasser Socrate, qui l'avait lui-même em- « barrasse auparavant. Socrate, voulant être utile à « ses compagnons, répondit, non en homme qui se « tient sur ses gardes dans la crainte qu'.on ne « retournje ses paroles, mais comme un homme « bien persuadé qu'il fait ce qu'il faut. Aristippe lui « demandait s'il connaissait quelque chose de bon « (et' Tt ddein àya9ov), afin que si Socrate eut répondu « que la boisson, la nourriture, la santé, la force, « l'intrépidité, est un bien, il pût lui démontrei « que c'est quelquefois un mal (toOto y^Mv èvloti « Sv). » Aristippe, en effet, n'a pas demandé ce qu'est le bien, mais seulement un bien {ayocOév n). Dès lors, il ne s'agit plus, comme dans le passage du Ménon, d'une définition universelle, excluant toul élément relatif : Qu'est-ce que la figure, Mi couleur, la vertu, le bien? Nous sommes maintenant dans le domaine des choses particulières : Aristippe demandant qu'on lui cite un bien, Socrate comprend que toute réponse trop absolue et trop générale serait facile à réfuter, et qu'il est nécessaire d'introduire
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îâément relatif, le Trpos n. « Sachant que, si quelf que chose nous pèse, nous avons besoin qu'on f nous en délivre, Socrate répondit comme il le def ?ait : — Me demandes-tu si je sais quelque chose f de bon pour la fièvre? — Non. — Pour les maux f d'yeux? — Pas davantage. — Pour la faim? — Pas « encore. — Mais quoi? si tu me deitidnides quelque € chose de bon (rc iyaQov) qui ne soit bon à rien, je • ne le connais ni n'ai besoin de le connaître. » — Des critiques peu attentifs ont vu là une doctrine superficielle, indigne de Socrate, par laquelle le bien serait réduit à l'utile, et l'absolu au relatif. Singulière interprétation d'une réponse pleine de sens! Socrate n'a-t-il pas raison de dire qu'une dme bonne {u àyocBov) est toujours bonne à quelle chose {irpoç Tt) ? Une chose bonne n'est pas le bien; àyocOov n n'est pas synonyme de ro ayaQov. Or Aristippe a demandé qu'on lui citât une chose bmne; dès lors la réponse devient impossible et absurde, si on n'ajoute pas: bonne à quoi? Platon, comme Socrate, eût refusé de répondre à une question aussi captieuse et aussi mal posée. Lui aussi eût écrit ces lignes : « Je ne connais point de bien particulier qui ne soit pas bon à une chose particulière, de bien relatif qui ne soit pas relatif à quelque chose, de moyen qui ne soit pas proportionné à une fin. »
La suite du chapitre confirme d'une manière frappante cette interprétation. « Aristippe lui demanda * encore s'il connaissait quelque belle chose (et n