‹ La philosophie de SocrateChapitre 31 sur 73 · FONDEMENT ONTOLOGIQUE DE U MÉTHODE DE SOGRATE · texte numérisé non relu

FONDEMENT ONTOLOGIQUE DE U MÉTHODE DE SOGRATE

et qu'on entrevoit jusque dans les Mémorables les premiers éléments logiques de cette grande théorie ontologique, qui devait illustrer Platon.

D'après Aristoclès S Socrate aurait établi le premier la doctrine des Idées. Cette opinion a été aussi soutenue dans les temps modernes par Hermann*. Mais c'est là un excès diamétralement opposé à celui des critiques qui ne voient dans les Mémorables qae la doctrine de l'universelle relativité. Socrate ûe s'est point élevé si haut ; il n'est pas non plus descendu à ce point.

Aristote nous fournit le témoignage le plus sûr et le plus positif sur cette importante question. Il déclare formellement que la réalisation de l'universel, en dehors des objets extérieurs et de la pensée humaine, est le dogme propre à Platon. « Socrate « ne séparait point les universaux ni les définitions

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« rovç bpi(T[j.0Tjç). Platon les sépara {ol d è^d^pi^av)^ et « donna à ces êtres le nom d^ Idées (xal ri Towtûra tôv « ovTwv iâéaç itpocrnyopevcFocv) , Par ce fait même,' il fut « amené logiquement à établir des Idées pour tout « ce qui est pris dans un sens universel {âart ovfASai-

« V£tv axjTovç ayzSov t^ aint^ Xoyw Travrwv liioLç eîvai toO « Y.aBoko\j Xeyo/Jtevwv) * » — Par ce mot, ;(wptO'Ta, AtIs-

tote entend une existence séparée tout à la fois des objets sensibles et de la pensée humaine, lîne réa-

* Arist. ap. Eusep. Prxp, ev., XI, 5.

' Annales de Heidelherg^ nov. 1^32.

5 Mét.yif loc. cit.

raifWaffiNT ONTOLOGIQUE DE LA MÉTHODE DE SOCRATE. 435

Ktë absolue et, comme on dirait de nos jours, transmdante^ au lieu d'une réalité simplement immaaente au sein du particulier et du relatif. Or Socrale ne transporte point dans l'absolu et ne réalise point dans l'Être suprême « les univenaux et les définitionSy » c'est-à-dire les universaux objets de la définition. De ce que l'universel existe dans les ehoses et en nous, Socrate n'a pas conclu qu'il devait exister en soi (aura y.a6 ocvzo). Cette conclusion, c'est Platon qui la tire des prémisses posées par Socrate. t Socrate, dit Aristote, ayant porté le premier son

• attention sur les définitions, Platon, qui le suivit t et le continua, fut amené à penser que les défini-

• lions devaient porter sur un ordre d'êtres à part, t et nullement sur les objets sensibles ; car, com- € ment une définition commune s'appliquerait-elle f aux choses sensibles, livrées à un perpétuel chant gement*? » Telle est, en effet,* la transition de la dialectique de Socrate à celle de Platon. La première est surtout logique, et se borne à distinguer dans la science ce que contient de commun une pluralité d'existences individuelles; la seconde, cherchant dans la métaphysique le fondement de la logique, trouve à ces caractères communs un principe réel, en dehors des objets eux-mêmes et de nos notions imparfaites. Il ne suffit donc pas de distinguer logiquement, avec Socrate, ce qui est commun de ce qui est propre; il faut séparer, au point de vue de *

« Met., ibid.

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