G LES DIVERSES VERTUS. - TEMPÉRANCE ET COURAGE
« les dangers, ou la acience du bien dam les dan- « fjers\ »
L'auleur du Lâchés (qui est probablement Platon) oppose cette notion du vrai courage aux notions inexactes qu'on s'en forme d'ordinaire. Lâches, homme de guerre, croit d'abord que le courage consiste à se tenir ferme à son poste et à ne pas fuir l'ennemi. Mais ce n'est là que le courage militaire. Lâchés essaye ensuite une définition plus étendue : le courage est, dit-il, la constance. Mais la constance toute seule, sans lumières et sans raison, dans le mal comme dans le bien, n'est pas le courage. Sicias intervient alors dans l'entretien : « Pourquoi « ne vous servez-vous pas de ce que je t'ai ouï dire « si souvent et si bien, Socrate? — Et quoi, Nicias? « — Je t'ai souvent entendu dire qu'on est bon dans « les choses auxquelles on est habile, et mauvais « dans les choses qu'on ignore. — ...Nicias veut « dire, j'imagine, que le courage est une science. « — ... C'est la science des choses qui sont à crain- « dre et de celles qui ne le sont pas, à la guerre « comme en tout. — ...Dis-nous donc en bonne « foi, Nicias, objecte Lâchés, crois-tu que ces ani- « maux, que nous reconnaissons tous pour coura- « geux, soient plus éclairés que nous? — Jamais, « Lâchés, répond Nicias, je n'appellerai coura- « geux un animal ou un être quelconque qui, par « ignorance, ne craint pas ce qui est à craindre;
* Mém,j IV, vr.