‹ La philosophie de SocrateChapitre 50 sur 73 · LES DIVERSES VERTUS. — TEMPÉRANCE ET COURAGE · texte numérisé non relu

LES DIVERSES VERTUS. — TEMPÉRANCE ET COURAGE

« je l'appelle téméraire et insensé. Tu crois donc « que j'appellerais courageux tous les enfants « qui, par ignorance, ne redoutent aucun pé- « ril*?... »

On reconnaît la doctrine constante de Socrate. Celui-ci, cependant, semble dans la suite la combattre, et cette apparence a trompé, ici encore, bien des interprètes. Stalbaum et V. Cousin ont pris au sérieux les arguments de Socrate, et ces arguments sont sérieux en effet ; mais ils nous paraissent aboutir à une conclusion différente de celle que Stalbaum adopte. c( Nicias, reprenons dès le commen- « cément : tu sais que d'abord nous avons regardé « le courage comme une partie de la vertu. Or, si a elle n'est qu'une partie, il doit y en avoir d'autres a parties qui toutes ensemble sont appelées du « nom de vertu? — Sans doute. » C'est précisément le tort de Nicias que d'avoir considéré le courage comme une simple partie de la vertu, distincte de la vertu tout entière. On sait que, pour Socrate, il n'y a qu'une vertu qui embrasse toutes les autres, ou plutôt qui se manifeste relativement à des objets divers, en restant toujours um dans son principe. Socrate va montrer à Nicias cette unité de la sagesse y avec laquelle le courage se confond. « Une science, comme telle, doit être absolue si « elle existe; elle s'applique également et au passé « et au présent et à l'avenir. Par exemple, pour la

* Lach.f p. 194 d.

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