‹ La philosophie de SocrateChapitre 8 sur 73 · XVIII MÉTHODE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

XVIII MÉTHODE GÉNÉRALE

En outre, le philosophe qu'il s'agit de faire revivre enseignait en conversant ; il interrogeait les autres et s'interrogeait lui-même avec une curiosité insatiable; or ceux qui savent si bien interroger savent aussi suggérer plus d'une réponse que la question même renfermait d'avance. Combien d'idées neuves, combien d'aperçus ingénieux, combien de sentiments gros de pensées, Socrate a dû livrer dans la chaleur de l'entretien aux esprits si divers avec lesquels il entrait en communication! Beaucoup de ses réflexions, beaucoup de ses opinions n'ont pu parvenir jusqu'à nous ; cependant on en devine l'existence et l'importance à voir le mouvement extraordinaire et la forte impulsion imprimés par Socrate à la philosophie de son époque. Ce chercheur « toujours à la piste des idées », n'est connu de nous que sous des traits nécessairement incomplets; plus d'une ligne, plus d'une vive nuance manque à sa physionomie, sans qu'il nous soit permis de suppléer par la fantaisie à ce que les témoignages ne nous donnent pas; mais au moins, dans ce travail de restauration, il est un procédé légitime : ce serait de marquer d'un dessin précis et de colorer avec vigueur les traits dont nous sommes

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j certains et les détails authentiques de la phy- I; sioDomie. Ainsi, par une juste compensation, la • wradté môme des traits que nous connaissons ' ferait deviner ce que nous ne connaissons pas. Ce serait seulement un des aspects du modèle; et néanmoins l'ame à jamais vivante y brillerait encore tout entière.

Les entretiens rapportés par Xénophon et par Platon ont une vérité dramatique qui nous permettra d'animer l'exposition dos doctrines par de fréquentes citations empruntées à ces deux compagnons de Socrate. Ce que notre exposition pourrait avoir d'abstrait en certains moments sera ainsi ramené à une réalité plus frappante, grâce à ces pages où Socrate prend la parole sur les sujets les plus divers. Précisément parce que Socrate n'a rien écrit, BOUS devons citer souvent ce que ses disciples ont mis dans sa bouche; le fond de sa pensée ne se dégagera que mieux de ces formes variées qu'elle a reçues dans les écrits tf autrui. En combinant ainsi tous les moyens que nous avons à notre disposition, sans en négliger aucun, nous pourrons obti^iirun doin ble résullat : reproduire au moins i)arti(?llement ce que Socrate a dit, et faire entrevoir ce

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