XX MÉTHODE GÉNÉRALE
que Socrate aurait écrit s'il avait voulu écrire. Lorsque les témoignagnes formels feront défaut sur un point important et que nous serons obligés de soumettre Socrate aux procédés de maïeutique qu'il employait lui-même, je veux dire de l'accouclier, nous ne^ considérerons ce moyen que comme une dernière ressource et nous ne présenterons le résultat que comme une conjecture. On prête à Socrate ce mot plus ou moins authentique, et justifié d'ailleurs par le Phèdre de Platon plus que par les autres dialogues : — Que de choses auxquelles je n'ai jamais pensé! — Nous ne voudrions nullement mériter ce reproche, et, les textes en main, nous croyons l'avoir évité; mais nous voudrions encore moins que ce grand homme pût nous reprocher de l'avoir rapetissé à notre taille; ce que nous voudrions plutôt, c'est qu'il pût s'écrier en lisant ce livre : — Combien de choses que j'ai dites ! Combien de choses aussi que j'avais pensées! Oui, ce sont bien là les fruits légitimes de mon intelligence ; ce sont là, tout ensemble, et les vérités que j'ai mises au jour, et les vérités dont mon âme était grosse.
Décembre 1867.