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CHAPITRE H

PREUVE DE L'EXISTENCE DE DIEU PAR LES CAUSES FINALES. PREUVE MORALE PAR LE SOUVERAIN LÉGISLATEUR

I. De l'intelligence qui est dans l'homme, Socrate est remonté à Dieu, cause efficiente et conséquemment intelligente. Maintenant, de Tordre intelligible qui est dans la nature, Socrate va de nouveau remonter à Dieu, cause finale, et conséqueinment encore intelligente. C'est ici surtout que se montre l'originalité de Socrate; car, dans la preuve précédente, il avait eu pour devanciers tous ceux qui avaient conçu une imsommiver selle; dans la preuve qui va suivre, il introduit le principe nouveau des causes linales et du bien. On avait, avant lui, compris plus ou moins vaguement Yintelligibilité et comme la logique des choses; mais Socrate en a compris, le premier, la bonté^ et comme la moralité.

Rappelons d'abord les faits psychologiques qui servent ici de point de départ à Socrate. Rentrant en

lui-même, il aperçoit la puissance active, la causalité, comme identique à Tintelligence; il va même jusqu'à confondre le vouloir avec le savoir. Or, que peut-on vouloir, sinon ce qui est ou paraît bon? Si donc l'activité suppose l'intelligence, Tintelligence, à son tour, suppose le bien. Telle est l'âme humaine, telle est aussi toute cause véritable. Faire, c'est savoir faire; et savoir faire, c'est savoir ce qui est le meilleur. Socrate, en généralisant, ne pouvait pas ne pas arriver à cette identité de la cause efficiente et de la cause linale par l'intermédiaire de l'intelligence.

C'est cette sorte d'optimisme psychologique, aperçu par Socrate au fond de sa volonté intelligente et toujours portée vers le bien, qu'il a étendu par une légitime induction à la Cause intelligente du monde, rattachant ainsi, en tout et partout, le pratique à Y intellectuel, et l'intellectuel au mora/*.

Une fois en possession du principe des causes iinales, que la conscience révèle et que la raison généralise, Socrate interprète le spectacle que lui offre la nature. Il sait que ce spectacle a un sens, parfois évident, parfois caché; trouver ce sens,

» Cr. Platon. « L:i chose en vue de laquelle toutes les choses se l'ont, « doit être mise dans h classe du bien... Ce bien que toute àme « poursuit, en vertu duquel elle fait tout; ce bien absolu qui se suffit à « lui-même, et suffit à tout le reste. » (/ié/?. vi).

« N'y a-t-il point deux sortes de choses, Tune qui est pour ellef même, Pautre qui en délire sans cesse une autre? L'une est très- « noble de sa nature, l'autre lui est inférieure eu dijjnité. » Phi- /et., 62.

c'est connaître, et connaître les vraies causes. « Il « me parut convenable que l'intelligence avait tout « ordonné et tout disposé dans le meilleur ordre « possible. Si donc, pensai-je, quelqu'un veut trou- « ver la cause de chaque chose » (non plus seulement la cause efficiente, mais la raison suprême et finale), « comment elle naît, périt ou existe, il (( faut qu'il cherche comment l'être, l'action, ou (( une modification quelconque, sont pour elle ce « qu'il y a de meilleur; et, d'après ce principe, il « s'ensuit que l'homme ne doit chercher à connaî- « tre, dans ce qui le concerne comme dans ce qui « se rapporte à quoi que ce soit, que ce qui est le « meilleur et le plus parfait *. » C'est ce que Socrate appelle, nous l'avons vu, le principe du mieux.

On connaît les conséquences rattachées par Platon à la doctrine socratique. Si |^la cause efficiente se révèle par le mouvement, la cause finale se révèle par l'ordre de ce mouvement et par les lois intelligibles auxquelles il est soumis. Le mouvement, selon Platon, prouve l'âme; l'ordre du mouvement prouve l'intelligence , et l'intelligence prouve le bien; car le bien est l'objet de l'intelligence, comme il est la fin de l'âme.

Xénophon n'a nullement dégagé tous ces principes métaphysiques, mais il a assez bien mis en lumière les applications, et il a choisi U^s exemples les plus populaires.

> Phcdon, lot: cil.

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Ces applications, d'ailleurs, offrent toujours un caractère de difficulté incontestable : autre chose est de dire que tout a une fin, ce qui est un principe purement rationnel ; autre chose est de déterminer par Fexpérience les lins particulières. Il y a même ici une distinction à faire : celle des fins prochaines et des lins éloignées ou dernières. Que de choses dont la fin prochaine nous échappe entièrement, de telle sorte qu'on ne peut la déterminer sniis s'exposer à des erreurs ridicules! Par exeni|)lc, les objets du règne minéral, dont l'inertie indifférente ne révèle point encore de tendance déterminée. Se flatter de découvrir les causes finales de ces objets, c'est un abus trop fréquent, et qui compromet la preuve de l'existence de Dieu, au lieu de la confirmer. Il y a une foule de choses dont nous ne pouvons affirmer que la fin dernière; nous savons ou croyons qu'elles sont faites pour le bien , voilà tout ; et nous l'affirmons a priori plutôt qu'a posteriori. Cependant, il y a déjà dans ce's choses les traces d'une intelligence, dont le but, tout en nous échappant, n'en doit pas moins exister. Les êtres organisés ont seuls le privilège d'avoir une fin prochaine et intérieure que l'observation peut déterminer. Autant il est ridicule de vouloir trouver dans quel but a été fait le grain de sable du rivage, autant il est difficile de nier la fin à laquelle contriljuent les organes de l'animal. C'est qu'ici les tendances et les mouvements ont une direction précise; la fin est immédiate et tout interne, au lieu de se perdre au loin

dans la série des relations externes. Il en est de même dans la sphère psychologique : nier la fin de rintelligence, de l'amour, de la volonté, ce serait nier la morale même.

Socrate n'a pas toujours compris ces distinctions nécessaires, el il a parfois poussé la considération (1(\-; causes finales jusqu'aux puérilités. Cependant, c'est surtout dans les êtres animés que Xénophon prend des exemples de la Sagesse organisatrice.

c( Socrate savait qu'Aristodèine ne sacrifiait ja- « mais aux dieux, qu'il ne consultait pas les oracles, (( et que même il raillait ceux qui observaient ces c( pratiques religieuses.— Répondez, Âristodème, lui (c dit-il, y a-t-il quelques hommes dont vous admi- (( riez le talent? — Sans doute. — Nommez-les. — (( J'admire surtout Homère dans la poésie épique ; c( Mélanippide, dans le dithyrambe; Sophocle, dans « la tragédie; Polyclète, dans la statuaire; Zeuxis, (( dans la peinture. — Mais quels artistes trouvez- « vous le plus admirables, de ceux qui font les « figures dénuées de pensée et de mouvement, ou (( de ceux qui produisent des êtres aaiimés et doués (( de la faculté de penser et d'agir? — Ceux qui « créent des êtres animés, si cependant ces êtres K sont l'ouvrage d'une intelligence et non pas du « hasard. — Des ouvrages dont on ne reconnaît

« pas la fin (rwv àrexf/apT&iç èp^ovriwv ozov eveza eort), et

c( (le ceux dont on aperçoit manifestement l'utilité

« (ÈTu'cocpeXsia ovrov), lesquels regardez-vous comme (( les œuvres d'une intelligence ou comme le pro-

« duit du hasard (TToVepa rv)(r)Çj Tiôrepoi yviiimç ëpya)l

« — 11 est convenable d'attribuer à une intelli- « gence les ouvrages qui ont un but d'utilité. — Ne K vous semble-t-il donc pas que Celvi (pii a fait les « hommes dès le commencement (6 èj (xpxng r.oim àv- « ÔpwTrouç), leur a donné les organes des sens pour « leur utilité? Les yeux, pour voir les objets visi- « blés; les oreilles, pour entendre les sons? A quoi « nous serviraient les odeurs, si nous n'avions pas « de narines? Quelle idée aurions-nous de ce qui est « doux, de ce qui est acre, de ce qui flatte agréa- « blement le palais, si la langue n'y siégeait comme « arbitre? » L'exemple des organes des sens est choisi avec raison par Socrate, parce que c'est le plus iTappant de tous : en effet, les organes des sens ont tout à la fois une fin intérieure en tant qu'organes du corps, et extérieure, en tant qu'appropriés au milieu environnant et aux relations de l'animal avec les autres êtres. C'est le point où la finalité interne et la finalité externe coïncident. Nos yeux sont faits pour nous, et en même temps appropriés à la lumière extérieure : il y a solidarité entre le dehors et le dedans. Aussi Socrate se serait-il refusé à croire, avecÉpicure et Lucrèce, que les yeux ne sont point faits pour voir la lumière, les oreilles pour entendre les sons, « N'est-ce pas une « œuvre de Providence, » continue Socrate, en mêlant toujours des détails puérils aux observations justes, « que nos yeux, organe faible, soient munis de pau- « pières, qui, comme deux portes, s'ouvrent au be-

l'REUVE PAU LES CAUSES FINALES. 101

c( soin, et se fermeut durant le sommeil ; queces pau- « pières soient garnies de cils qui, pareils à des cri- K blés, les défendent contrôla fureur des vents? que « des sourcils s'avancent en forme de toit au-dessus € des yeux, pour empêcher que la sueur ne les in- « commode en découlant du front; que Touïe c( reçoive tous les sons sans se remplir jamais; que « chez tous les animaux les dents de devant soient « tranchantes, et les molaires propres à broyer les « aliments reçus des incisives? Que dirai-je de la c< bouche qui, destinée à recevoir ce qui excite l'ap- « petit de l'animal, est placée près des yeux et des « narines? Comme les déjections inspirentle dégoût, « la nature n'en a-t-elle pa6 éloigné les canaux, « qu'elle a placés aussi loin que possible des plus « délicats de nos organes? Ces ouvrages, faits avec « tant de prévoyance (tt^ovotîti/w;), vous doutez s'ils « sont le produit du hasard ou le fruit d'une intel- « ligence? — Non certes; en les considérant sous ce « point de vue, il faut reconnaître l'œuvre d'un « artiste sage et qui ai7ne les êtres animés {ânixiovp' « yov Tivbç (7o(fov xal (ftlo^Mov), » D'après cette belle expression : ^iXoÇwou, le démiurge suprême n'est pas seulement intelligent, il est aimant. Son œuvre ne lui est point indifférente, il dispose toutes choses de manière à la protéger. « N'a-t-il pas « inspiré aux pères le désir de se reproduire ; aux (( mères, le plus tendre désir de nourrir; à tous les « animaux, le plus grand amour de la vie, la plus « grande crainte de la mort? — Sans doute, ce

« sont là les soins d'un ouvrier qui voulait que les « animaux existassent. »

« Mais enfin, objecte Aristodème, je ne vois pas « les maîtres des choses, comme je vois les artisans « de ce qui est sur la terre. — Tu ne vois non plus « ton âme, qui est la souveraine de ton corps; c< d'après ton raisonnement, dis donc aussi que tu « fais tout par hasard, et rien avec intelligence,.. « — Sois persuadé que je ne négligerais pas les « dieux, si je croyais qu'ils s'intéressent aux hom- « mes. — Quoi ! tu juges qu'ils ne se soucient pas « de nous (/7.yî <ppovTtÇetv), eux qui, premièrement, ont « fait l'homme droit, seul entre les animaux, — avan- « tage précieux pourvoir au loin, pour regarder « au-dessus de nos tètes, pour prévenir les dan- « gers; eux qui nous ont accordé la vue, l'ouïe, le « goût; eux qui ensuite ont attaché les animaux à « la terre, et leur ont donné des pieds seulement « pour changer de jilace, tandis qu'à l'homme ils (( ont en outre accordé des mains qui lui procu- « rent ce qui le rend plus heureux que la brute. « Tous les animaux ont une langue; mais avec la « nôtre seule, par ses divers mouvements combinés « avec ceux des lèvres, nous articulons des sons, et « nous nous communiquons réciproquement nos « volontés. Les plaisirs de l'amour, accordés aux « autres animaux, sont rosireints à une certaine « époque de Tannée ; mais nous, nous pouvons en « jouir jusqu'à la vieillesse. Dieu n'a pas borné ses « soins (oi/)t apxet rw 0eco èmixd-fiQrivai) à la conforma-

« tion de nos corps ; mais, ce qui est bien plus im- « portant, il nous a donné l'âme la plus parfaite « (t^v '^vxhv y^pocûarw evscpucrs). Après l'homme, quel « est l'animal dont l'âme connaisse l'existence des (( dieux, auteurs de tant de beautés et de merce veilles? Quel autre adore la Divinité? Quel autre, c< par la force de son esprit, sait prévenir la faim, c( la soif, le froid, le chaud, guérir les maladies, « augmenter ses forces par l'exercice, ajouter à ses « connaissances par le travail, se rappeler ce qu'il a « entendu, ce qu'il a vu, ce qu'il a appris? N'est-il (( pas clair que les hommes vivent comme des dieux « entre les autres animaux; qu'ils leur sont supé- « rieurs par leur nature, par la conformation de « leur corps, par les facultés de leur âme? L'être c( qui aurait le corps d'un bœuf et l'intelligence de « l'homme, ne pourrait exécuter ses volontés. Ac- « cordez-lui les mains et privez-le d'intelligence, il (( ne sera pas moins borné. Vous réunissez ces dons (( si précieux, et vous ne croyez pas que les dieux « s'intéressent à vous (çpovTiÇsiv) ! Que faut-il donc (( qu'ils fassent pour vous convaincre*? »

Dans le quatrième livre des Mémorables sont accumulés des exemples tout à fait analogues. Sans doute ils n'ont pas tous une valeur scientifique, et Socrate n'est pas assez réservé dans les détails de causes finales; mais l'ensemble n'en a pas moins un caractère de vérité persuasive. « Dis-moi, Euthy-

1 Mém., I, IV.

If

104 PREUVE PAR LES CAISES FLNALKS.

« dénie, t'est-il jamais ycmiu à la pensée de lédéchir « avec quelle sollicitude (wç ÊTrcjue^wç) les dieux nous «procurent ce dont nous avons besoin?» Suit rénumération des bienfaits de la Providence : la lumière du soleil pendant le jour, des astres pendant la nuit; la veille consacrée à l'action, le sommeil consacré au repos ; l'alternative des saisons, qui enfante et fait mûrir les fruits de la terre; tous les éléments, l'eau nécessaire à notre vie, le leu qui nous éclaire, nous chauffe, nous seconde dans tous les arts; la distance sagement mesurée du soleil à la terre, distance qui n'est ni assez petite pour tout dessécher ni assez grande pour tout glacer, et qui varie insensiblement sans nous surprendre par des vicissitudes trop brusques; les animaux et les végétaux, qui nous nourrissent et parfois nous servent ; les sens, l'intelligence, la mémoire, la parole. « Les dieux, répond Euthydème, semblent avoir « pour l'homme la plus grande sollicitude {rw ixb-

« yidTYiv ÊTTtjEXEAeiav) . »

Ainsi Dieu a en vue notre bien, sans que ce bien exclue celui des autres êtres : Dieu est ami de tous les êtres animés, (filô^o^oç. Ne savons-nous pas, d'ailleurs, qu'il n'y a jamais qu'une opposition relative et provisoire entre les biens divers? Si tous les hommes comprenaient cette vérité, que Platon mettra en lumière, l'humanité ne serait plus qu'une grande famille ; et on en peut dire autant du monde entier. Tous les biens particuliers, selon Platon, trouvent leur place dans le bien universel , avec

PREUVE Par les causes FINALES. 105

lequel ils sont liés par des relations plus ou moins lointaines; cette coordination des divers biens, c'est-à-dire des moyens et des fins, Thomme peut la découvrir, mais il ne la crée pas : avant d'être dans notre pensée. Tordre rationnel est dans les choses mêmes. Qui l'y a mis, sinon ce Dieu qui a tout disposé en vue du bien, et qui est lui-même le bien, ce Dieu qui porte en lui un monde intelligible, dont on peut dire ce que Socrate disait du monde sensible : toute beauté et toute bonté y sont

contenues : Év w Travra zà y.ûàoc y.àyccQd èdTi ^ C'est à

ce Dieu, c'est à sa prévoyante et bienfaisante sagesse qu'on peut appliquer, plus rigoureusement qu'au sage, ces paroles familières à Socrate : 11 réalise la dialectique en pensée et en actes, divisant et distribuant toutes choses selon leurs genres et leur fin :

11. A la preuve des causes finales se rattache étroitement la preuve morale, et non moins populaire, par l'existence d'un souverain Législateur. Le premier germe de cette preuve se retrouve dans Socrate.

Ces lois non écrites, supérieures à toutes les lois humaines parce qu'elles sont à la fois lois et nature, rapports rationnels et réels des choses, doivent avoir quelque part leur fondement. Elles sont puissantes, car elles s'imposent par une nécessité invincible

* Mém., IV, m, 14.

oiix choses extérieures, et par une nécessité morale aux êtres pensants. Elles sont %aqe%^ car elles sont la liaison même, donnant à chaque chose le rang dialectique et pratique qui lui convient. Elles sont bonnes, car si elles commandent, ce n'est [)oint par une force arbitraire, aveugle et fatale; c'est au nom du bien, — et non pas seulement de tel ou tel bien particulier, mais du bien universel. En dernière iîiudvse, ces lois sont le bien lui-même, manifesté à notre intelligence et à notre volonté. Or, ce Bien est une réalité et non une abstraction; car il est puissant, sage, bienfaisant. Socrate exprimait en langue commune ces conséquences de sa propre doctrine, lorsqu'il appelait Dieu un législateur. « Qui croyez- « vous qui ait porté ces lois? Ce sont les dieux qui « les ont prescrites aux homnies; et la première de « toutes, reconnue dans le monde entier, ordonne « de révérer les dieux*. » La loi morale a donc son fondement dans l'existence de la liaison législatrice. Il en est de même de la sanction morale, qui est pour Socrate une preuve éclatante de la Providence. On voit une foule d'hommes qui transgressent impunément les lois humaines; « mais les hommes qui « violent les lois divines subissent un juste châtiment. » Pourquoi? c'est que les choses sont organisées de manière à faire sortir la punition de la faute même. La loi est le bien; la transgression de la loi est le mal; tôt ou tard le mal i)roduira le mal, parla

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force des choses, ou plutôt par la force de Dieu. « Que chaque loi porte avec elle la punition de (( l'infracteur, n'est-ce pas l'ouvrage d'un législa- (( teur supérieur à l'homme? » C'est que, ici, la sagesse étant parfaite, la puissance est parfaite en même temps; dès lors, plus de séparation possible entre ces deux choses : loi et sanction; la loi, œuvre de sagesse, s'identifie avec la sanction, œuvre de puissance, parce qu'au fond toutes les deux sont œuvre de l)onté. Platon montrera à son tour que, si le bien est la loi, le bien est aussi la sanction : comme il est le législateur, il est aussi le juge et la récompense; il est, à tous ces titres, la fin de l'ame humaijie, fondement du devoir et fondement du bonheur. Dans l'ordre de la moralité triomphe la cause finale. La métaphysique et la morale s'unissenl, d'après Platon, dans la communauté d'un même principe : c'est pour ainsi dire la moralité et la bonté des choses qui eu explique rexistcuce, la loi el la lin.

if

» Mém., IV, IV.

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