PRODUCTION DU MONDE
rarchie des genres et des espèces, des moyens et des fins, la dialectique des délinitïons, des divisions, des inductions, existent éternellement dans la pensée divine, et y constituent la possibilité du monde. Socrate n'a pas lui-même tiré cette conclusion ; mais Platon est resté fidèle à son esprit, en plaçant dans rintelligencc divine le modèle idéal de l'univers. La production du monde ne pouvait être aux yeux de Socrate autre chose qu'une dialectique dépensée et d'action.
Ce n'est pas tout, savoir faire, pour Socrate, signifie toujours : savoir ce qu'il y a de mieux à l'aire. Tout ce que le sage fait, c'est qu'il le juge meilleur; et inéme l'insensé, en aj^issaiU, croit encore faire ce qui vaut le mieux, hc Sage par excellence ne |)eu( donc faire le monde que parce qu'il juge bo)( de le produire; et pour cela il faut que le monde lui-méine soit bon. En effet, le monde réunit, nous dit Socrate, « toute bonté et toute beauté.» Cela ne peut être que si le monde participe de quelque manière à Celui qui est l'origine de tout bien, à Celui <|ui est le l)ien. Si donc vous demandez pourquoi Dieu fait le monde, Platon ne répondra-t-il pas dans le sens de Socrate, en disant : Parce que Dieu est bon, et que le moiîdo luimême est bon à l'image de Dieu.
Cette pensée est tellement socratique, que toute la science de la nature se réduisait, selon Socrate, à rechercher ce (pril y avait de mirur à faire pour l'auteur deschoses. Pourquoi lolle chose particulière