XIV
les gymnases ; qu'ils élevùreiit à la mémoire de Socrate une statue d'airain, ouvrage de Lysippe; qu'ils condamnèrent Mélitus à mort, et bannirent les autres accusateurs. Il ajoute que les habitants dlléraclée chassèrent Anytus de leur ville le jour même où il v était entré*. Selon une autre tradition conservée par Plutarquc, les accusaleurs de Socrate, ne pouvant supporter la haine pu- Idique, se seraient pendus de désespoir'. Cejioiidant, d'après le ton des Mémorables de Xénojjlion, il y a tout lieu de présumer que la mémoire de Socrate était encore impopulaire à Athènes, quand ce recueil fut composé. Platou quitta la ville immédiatement après la mort de sou maître, et resta absent plusieurs années; la j)lupart de ses dicdogues ont un but apologétique, et disculpent Socrate. Un demi-siècle plus tard, l'orateur Eschinc applaudissait à la mort de Socrate, qu'il appelait sophiste. La critique moderne a donc eu raison de réduire à leur juste valeur les prétendus regrets des Atliéniens; c'est ce que Barthélémy et Fréret avaient déjà fait bien avant MM. Grote et Forchammer.
Les politiques d'alors purent se flatter, comme ils le font toujours, d'avoir accompli un acte habile. « Habiles malhonnêtes gens! » disait Platon; ils ont « la vue perçante, » mais ils ne voient que ce
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- Or. XL Busiris. Cf. argum. ad Isocmtem.
qui est tout près d'eux, et l'avenir leur échappe; dans quels pièges, tendus à autrui, s'embarrasse à la hn elle-même ce leur misérable petite ame! » Comme ils détruisent ce qu'ils prétendent conserver, et immortalisent ce qu'ils croient détruire!