‹ La philosophie de Socrate [microform]Chapitre 58 sur 64 · IL · texte numérisé non relu

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460 PROCÉDÉS PARTICULIERS DE LA MÉTIIOD;: SOCilATlUUi:.

IcUe est la doctrine propre que Platon a tirée des principes socratiques, et qn'Aristote rejette. Pour ce dernier, il n'y a ni genres ni idées dans la pensée divine, parce que les genres et les idées enveloppent quelque chose de multiple : la conscience indivisible d'une action indivisible, telle est la pensée de la pensée dans l'individualité suprême.

m. Par sa théorie de la définition, comme par celle de l'induction, Socratc a préparé le platonisme. On sait, en effet, la prédominance qu'il accordait, dans la définition, au ,jcnr6 découvert par l'induction. Si, comme nous venons de le voir, il n'a pas réalisé les genres dans un monde à part, déjà pourtant il les considérait comme l'essence

réelle des choses.

Aussi Aristole rélute-t-il à la fois Socratc et Platon lorsqu'il place l'élément capital de la définition dans la différence spécifique, non dans le .>eure et (lu'il considère l'essence comme indi-

vidueUc.

Sans doute, si on entend par essence la raison qui rend une chose possible et intelligible, Socratc et Platon sont dans le vrai en ai)pelant r universel essence de l'individuel; mais, si on enleud par essence ce qui constitue la rcalité acluellc d'une chose, l'être et l'activité qui lui appartiennent en propre, Aristote reprochera justement à Socrale et à Platon d'avoir méconnu la cause

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intime, la substance individuelle qui fait l'être méme\

C'est là, en effet, le vice de la dialectique dans Socrate comme dans Platon. Tous les deux enchaînent des notions rationnelles et combinent des possibles; ils ne prennent pas assez conscience, par la réllexion intérieure, de leur activité personnelle et libre. Ils dissertent sur les raisons intelligibles plutôt que sur les causes efficientes, qui sont pourtant, elles aussi, des raisons, mais des raisons vivantes et fécondes. Ils n'ont pas vu que l'essence réelle d'une chose est le principe interne de son action, qu'elle est l'individualité. Voilà pourquoi Socrate, en définissant les vertus par « la science du bien » sans croire qu'il soit nécessaire d'ajouter « la pratique du liieii », définit le genre universel au délriment de la différence individuelle : il n'en résultera rien moins que la négation de la liberté morale".

* \o\r la Philosophie de PJaloii, [Al.

- Voir toiiicl". cil. c:.\.\\vi t'Uuiv.

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