‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 10 sur 539 · Ibid.j lib. UI , c<t|). m · texte numérisé non relu

Ibid.j lib. UI , c<t|). m

mi ses condisciples le premier rang* D^autre part, il ne tarda point à être envahi par la corruption de cette ville, où la civilisation romaine avait apporté toutes ses infamies et tous ses bienfaits. Néanmoins, réglé dans le désordre même, il s'attacha à une seule femme, et à dix-huit ans, il en eut ce fils bien-aimé, cet Adéodat, dont il osait se promettre qu'il serait quelque chose de grand. A dix-sept ans, il avait perdu son père.

L'âme d'Augustin ne pouvait être entièrement captivée par les sens. Aussi , alors même jqu'il s'enivrait de plaisirs et se repaissait de sa misère^ il se sentait tourmenté par un inextinguible besoin de vérité. A dix-neuf ans, la lecture de YHortensitis de Cicéron l'enflamma d'un incroyable amour pour la philosophie, « changea tous les sentiments de son âme, donna une direction nouvelle à ses vœux et à ses désirs *. » A vingt ans, il lut sans maître les Catégories d'Aristote. Épris, dès lors, de la science, il se sépara plus que jamais de ses bruyants compagnons d'étude, qui s'appelaient eux-mêmes eversores ou ravageurs. Mais ce ne fut que pour s'engager dans la secte des Manichéens, au grand désespoir de sa mère, que les paroles d'un pieux évêque, auquel elle confia ses angoisses, parvinrent à peine à rassurer sur cet enfant de tant de larmes.

Cependant, d'élève devenu maître, Augustin se mit à enseigner )a grammaire à Tagaste. Puis, le chagrin que lui causa la mort d'un de ses plus chers amis, lui

1. Confessionum lib. III, cap. iv. Cf. Contra Julianum Pelagianum, lib. IV, cap. XIV : « Haec iile dixii (Tullius in Hortensii dialogo) , qui nihil de primorum hominum vitOy nihil de paradisi félicitâtes nikil de corporum resurrectione crediderat, n

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ayant fait prendre en dégoût le séjour de sa ville natale, il vint professer à Carthage. Vide de croyances, il s'y nourrit de superstitions, et malgré son horreur pour les pratiques de la magie, prit confiance dans les mensongères promesses des astrologues ^ Il continuait d'ailleurs de cultiver l'éloquence, avait l'insigne honneur de recevoir du proconsul Yindicien un prix de déclamation, et composait son premier écrit, intitulé du Beau et du Convenable^ qu'il dédiait à Hiérius, rhéteur de Rome alors en renom. D'un autre côté, après avoir langui neuf an» dans les ténèbres du Manichéisme, sans être pourtant jamais passé du rang des simples audi-^ ieurs au rang des élus ; l'insuffisance du représentant le plus accrédité de cette secte, appelé Fauste, avait fini par lui ouvrir les yeux. Non « qu'il se séparât tout à fait des doctrines manichéennes , mais ne voyant rien de meilleur que la voie où il était entré, sans savoir comment, il avait résolu de s'en contenter jusqu'à ce qu'il rencontrât quelque chose de préférable à choisir^. » Disposé de la sorte, il crut qu'il découvrirait peut-être à Rome la lumière après laquelle il soupirait. Aussi bien, les dégoûts que lui donnaient ses élèves par leur turbulence, le détachaient de Carthage. En vain Monique s'efforça-t-elle de l'y retenir. Trompant son •inquiète vigilance, il s'embarqua pour l'Italie.

A peine établi à Rome (383), Augustin fut pris d'une

1. Confessionum lib. IV, cap. m. « Ideoque illos pianos , qnos maihcmaticos vocant^ plane ronsulcre non dcsistebam, qnod quasi nulhun eu esset sacrificiumf et nnllœ preces ad aiiquem spiritum ob divinationcm dirigervnlur, »

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