ConfetsioHum lib. V, cap. vil
fièvre, qui le mit à toute extrémité, sans qu'il songeât cette fois à demander le baptême. Revenu à la santé, Rome que saint Ambroise appelait si bien la capitale de Tunivers et de la superstition, caput superstitionis ^ Rome ne lui o£Prit qu'un indéfinissable chaos de toutes les sectes, de tous les systèmes, de toutes les opinions. Toujours affilié aux Manichéens, a il se lia alors avec ces saints trompés et trompeurs, non-seulement avec ceux qu'on appelle les auditeurs^ dont faisait partie celui dans la maison duquel iLavait été malade et convalescent, mais encore avec ceux que Ton nomme les élus. 11 croyait encore à cette époque que ce n'est pas nous qui péchons, mais je ne sais quelle nature qui est en nous^ » En somme, sa pensée n'avait où se prendre. Tantôt il se figurait Dieu matériel, et son imagination trompée le traînait misérablement à travers les grossières aberrations du panthéisme. Tantôt il se persuadait que la sagesse consiste précisément à ne rien affirmer et jugeait que les philosophes par excellence étaient les Académiciens, parce qu'ils pensaient qu'il faut douter de toutes choses et que l'homme est incapable de comprendre la vérité^. D'autres fois pourtant, à considérer la vivacité de l'esprit humain, sa sagacité, sa pénétration, il concluait que si la vérité nous reste inaccessible, c'est uniquement parce que nous ignorons le moyen d'arriver jusqu'à elle, et que ce moyen il le faut demander à quelque autorité divine^. Mais cap-