Epistola CAXVl //i>ro7ii/mo (415), cap. ii
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a que des formes corporelles, et que tout ce qui n'est point corporel, ils le réputent un néant. Ceux qui réfléchissent, au contraire, tout en remarquant que les formes corporelles nous sont en quelque façon plus présentes, se croient néanmoins plus certains de ce qu'ils conçoivent par le pur entendement, indépendamment de toute forme corporelle et de toute ressemblance avec le corps \ » Vainement quelques-uns cherchentrils à raffiner, en professant que le corps qui est l'âme, est comme une cinquième espèce de corps, qui n'est ni la terre, ni l'eau, ni Tair, ni le feu, mais un je ne sais quoi qui n'a pas de nom, et qui pourtant est corps. ^Si ceux qui avancent un tel sentiment entendent par corps ce que nous entendons nous-mêmes, c'est-àdire une nature étendue en longueur, largeur et profondeur, et qui occupe une partie de l'espace, ni cela n'est l'âme, ni cela n'est la substance d'où Tâme a été faite. Toute nature de cette espèce peut en effet, dans une partie quelconque d'elle-même, être divisée ou circonscrite par des lignes. Or, si l'âme souffrait une semblable division, il lui serait impossible de concevoir des lignes qui ne puissent pas être coupées dans leur longueur, lignes qu'elle sait pourtant ne pouvoir se rencontrer dans les corps ^. Au reste, qu'entend -on précisément par corps? S'il n'y a de corporel que ce qui résulte de l'assemblage de membres charnels, ni la terre ne sera corps, ni le ciel, ni les pierres, ni l'eau, ni les astres, ni rien de cette sorte. Si, au contraire, on