IMd. , lib. VII , cap. XXI
DE LA NATUHE DE l'aME. 181
appelle corps tout ce qui, en raison même de parties plus ou moins grandes, occupe un espace plus ou moins grand, c'est aussi un corps que Tair, c'est aussi un corps que la lumière visible. L'âme, à ce compte, sera-t-elle un corps? Qu'on y prenne garde! On consentirait malaisément, ce semble, à affirmer que Dieu est un corps. Cependant, si Ton estime que T&me soit un néant, ou je ne sais quoi de subtil et qui s'évapore, parce qu'elle n'est pas un corps, n'est-on pas bien près de croire que là où il n'y a pas de corps, il n'y a pas de substance? S'il en est ainsi, comment osera-t-on affirmer que Dieu n'a pas de corps, et ne pas craindre en même temps de réduire Dieu à un néant*? Par conséquent, de deux choses l'une : ou il faut nier à la fois Dieu et l'âme; ou il faut admettre tout ensemble que Dieu existe et que l'âme est spirituelle.
11 est vrai qu'à la différence de Dieu, l'âme est engagée dans un corps. Mais il ne s'ensuit pas qu'elle soit corps. La vie de l'âme diffère profondément de la vie du corps ^. L'accroissement de l'âme, lequel est amélioration, ne se mesure point à l'accroissement du corps. Admettez que la perfection de l'âme tienne à la grandeur des membres, et un homme sera d'autant plus prudent qu'il sera plus grand et plus robuste, ce que dément rexpérience. Ce n'est que par métaphore qu'il est permis de dire que Tâme croît avec le temps. Si Tâme croissait lorsqu'augmentent les forces du corp?,