De Vera Keligionc^ cap. xxix
il faudrait convenir qu'elle décroît lorsque diminuent les forces du corps. Or, ces forces diminuent dans la vieillesse ; elles diminuent dans le labeur de Tétude, tandis qu'alors même Tâme gagne évidemment en prudence et en savoir. Ne serait-il pas contradictoire qu'une même chose pût à la fois croître et décroître dans le môme temps ^? Enfm, que l'Ame se développe et croisse en vertu des développements et des accroissements mêmes du corps; quel monstre ne sera-ce point que l'Ame du jeune homme ou du vieillard, à qui, enfant, on aura coupé la main^? 11 serait superflu d'insister davantage. L'absurdité des conséquences démontre l'absurdité du principe.
Ainsi, l'Ame en général, et l'Ame humaine en particulier, ne peut être confondue avec le corps. Car le corps est vu et l'Ame voit. Le corps est étendu, et l'Ame est simple. L'Ame qui connaît, connaît aussi l'incorporel. Peuflant le sommeil et sans le secours des organes du corps, elle conçoit l'invisible. Bien plus, aHn de connaître la vérité, elle se détourne des sens, qui lui sont moins un instrument qu'un obstacle; son intelligence, toute finie qu'elle est, Télève jusqu'à Tinfini.
C'est pourquoi, « la nature de l'Ame est supérieure à la nature du corps, et l'emporte de beaucoup sur le corps; c'est une chose spirituelle, une chose incorpo-