‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 113 sur 539 · Ibid,, lib. II j cap. m · texte numérisé non relu

Ibid,, lib. II j cap. m

heureuse, puisqu'elle désire le bonheur; avancer une telle opinion, n'est-ce point d'une manière sacrilège transporter à Dieu toutes ces misères ' ? »

L'àme, qui n'est pas corps et qui n'est pas Dieu, est un être mitoyen entre le corps et Dieu.

Il y a en effet une nature muable par rapport au lieu, aussi bien qu'au temps, et c'est le corps.

Il y a une nature muable par rapport au temps, mais non pas au lieu, et c'est l'àme.

Et enfin, il y a une nature qui n'est pas plus muable par rapport au lieu que par rapport au temps, et c'est Dieu.

Ce qui est muable, de quelque manière que ce soit, est donc créature; et ce qui est immuable, c'est le Créateur.

Mais, comme les choses ne sont qu'autant qu'elles subsistent et qu'elles sont unes, et que l'unité est le principe de toute beauté, il est aisé de voir, dans cette division des différentes natures, ce qui possède l'être souverainement ; ce qui est placé au plus bas degré de l'être, mais qui ne laisse pas d'avoir une véritable existence; et ce qui est entre deui, au-dessus du plus bas genre d^êtres, et au-dessous de Tétre souverain.

Cet être souverain est la félicité par essence. L'être du plus bas genre est incapable de bonheur et de malheur. L'être intermédiaire est malheureux quand il penche vers les êtres du dernier genre, et heureux quand il se porte vers l'être souverain ^.

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