‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 121 sur 539 · IS · texte numérisé non relu

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494 CHAPITRE n.

tons une saveur, le goût n'a point pour lui-même de saveur; lorsque nous touchons quelque chose, nous ne pouvons point toucher notre tact même. Il est manifeste, en un mot, que ces cinq sens ne peuvent point se sentir eux-mêmes, quoique par eux nous sentions les corps... C'est un sens intérieur qui nous permet et de sentir par les sens les choses corporelles, et de sentir aussi les sens corporels. Ce sens intérieur l'emporte donc sur les sens extérieurs, dont il est le modérateur et le juge. — Mais c'est, en définitive, par la raison que toutes ces choses sont connues, et que la raison est connue à elle-même ; c'est dans la raison qu'est comprise la science ^ »

Et ailleurs :

c( Quoique nos sens corporels soient frappés, ce ne sont pas eux toutefois qui jugent des objets.

« Nous avons un sens intérieur beaucoup plus excellent, qui connaît ce qui est juste et ce qui ne Test pas, l'un par une idée intelligible, et l'autre par la privation de cette idée. Ce sens n'a besoin pour s'exercer ni de pupille, ni d'oreille, ni de narines, ni de palais, ni d'aucun toucher corporel. Par lui je suis certain que je suis, que je connais que je suis, et que j'aime mon être et ma connaissance ^. »

La sensation suppose trois choses : l'objet extérieur, l'organe qui p&tit, l'âme qui connaît la passion '. « Sen^ satio est passio corporis per se ipsam non latens animam. d

Ce n'est pas le corps, en effet, quoique des conditions

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