De Musica, lib. VI , cap. v
DE LA NATtRE DE l'aME. 19K
physiologiques s'ajoutent aux conditions psychologiques dans la sensation * ; ce n'est pas le corps, c'est l'àme qui éprouve le plaisir ou la douleur, a Quand on dit que la chair souffre ou désire, l'on entend par là ou l'homme entier, ou quelque partie de l'âme que la chair affecte d'impressions fâcheuses ou agréables, qui produisent en elle un sentiment de douleur ou de volupté. Ainsi la douleur du corps n*est autre chose qu'un chagrin de l'âme à cause du corps, et la répulsion qu'elle oppose à ce qui se fait dans le corps ^. »
Et il en est des idées qui nous viennent des sens comme des sensations. Le corps en est l'occasion, mais non pas la cause, a Le corps, effectivement, n'a pas la force de former quoi que ce soit de spirituel. Supposez que le corps soit endormi, ou qu'il vienne à être violemment trpublé, ou que les voies du cerveau, siège de la sensibilité, se trouvent interceptées-, Tâme, qui par sa nature ne peut jamais cesser de penser, dans l'impossibilité ou la presque impossibilité où la met le corps de sentir les choses corporelles, de diriger vers les choses corporelles la puissance de son attention, l'âme roule en esprit des images des corps, ou considère celles qui s'offrent à elle •. »
Idée sensible ou sensation proprement dite, n sentir n'appartient donc pas au corps, mais à l'âme, par l'intermédiaire du corps *. » Car l'âme est supérieure au
1. De Genesi adhitteram^ lib. VU, cap. xiii, xv, xvii, xviii.