‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 125 sur 539 · De Geneii ad Litleram, lib. Xll , cap. xxvi · texte numérisé non relu

De Geneii ad Litleram, lib. Xll , cap. xxvi

Ni les exigences de son actif et curieux esprit, ni les nécessités du dogme, ni les préoccupations dQ ses contemporains^ ne pennetlaient à Augustin de passer sous silence la question de Torigine de T&me ou d'y rester indifférent.

Or, on peut ramener à quatre principales les opinions qui, touchant ce problème ardu, partageaient, au quatrième siècle, les intelligences.

Imbus des traditions du Magisrae, restaurateurs, sans le savoir, des doctrines stoïciennes, les Manichéens et les PrisciUianistes considéraient Tàme comme une por* tion de la substance divine.

D'un autre c6té, à la suite de Pythagore, de Platon et des Platoniciens, Origène professait que les âmes avaient mené des vies antérieures , d'où , en punition de leurs fautes^ elles avaient été précipitées dans le corps, en même temps que dans la vie présente.

Troisièmement, Tertullien, et, en général, les Occidentaux , tenaient que toutes les âmes viennent d*une seule âme, par voie de génération.

Quatrièmement, saint Jérôme et Optât, évêque d'Afrique, pensaient, au contraire, que les âmes sont successivement créées, au fur et à mesure que sont créés les oorps.

Entre ces opinions diverses ou contraires, quel sera le choix de l'évéque d'Hippone ?

On le sait, Augustin a longtemps donné créance aux assertions des Manichéens, qui, dans tout homme, imaginaient deux âmes, Tune portée au bien, Tautre encline au maP.

Cependant peu à peu la lumière s'est faite dans son esprit. Ce n'est pas tout : plus il a partagé les erreurs du Manichéisme, plus il apporte de soin à les réfuter, et il n'y en pas qu'il combatte plus ardemment que celle qui consiste à admettre dans l'homme deux âmes, Tune bonne, l'autre mauvaise. Sur quoi , en effet, fonde-t-on cette dualité? Sur le phénomène interne de la délibération. Mais n'est-ce point plutôt l'unité de l'âme qui résulte nécessairement de ce phénomène? « N'est-ce pas plutôt un signe manifeste de l'unité de l'âme , que la volonté libre puisse se porter ici ou là, revenir d'ici ou de là? Lorsque cela m'arrive, je sens que le moi est un, qui considère l'un et l'autre parti et qui choisit l'un des deux. Mais le malheur veut, la plupart du temps, que des deux partis entre lesquels nous sommes flottants, l'un nous attire par Tagrément, tandis que l'autre nous commande par le devoir*. »

Ainsi, chaque homme n'a qu'une âme, et cette âme a Dieu pour auteur. Toute âme, effectivement, étant une vie, toute âme ne peut provenir que de Dieu, source de la vie ^.

Mais si Dieu est l'auteur de l'âme , l'âme ne doit pas

1. Confeuionum lib. IV, cap. xv; lib. VHI, cap. \; voyei ci-après Ut. 1, cb. V, I. De la Liberté humaine et du Mal,

2. De duahus Ànimabus contra ManichmoSt lib. unus , cap. xiii.

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