Confessionum lib. 1 , cap. xi
trouverait pas quelques preuves certaines par où les Manichéens fussent convaincus de fausseté. S'il avait pu concevoir une substance spirituelle , tous les obstacles eussent été levés et écartés de son esprit; mais il ne le pouvait pas. Toutefois, sur le monde corporel et sur la nature que nos sens peuvent atteindre, plus il examinait et comparait, plus il voyait clairement que la plupart des philosophes avaient dit des choses plus vraisemblables que les Manichéens. Ainsi , doutant de toutes choses et flottant entre toutes les opinions, il résolut d'abandonner le Manichéisme, ne pensant pas qu'il piit rester désormais dans cette secte , à laquelle il préférait quelques philosophes. Quant à ces philosophes euxmêmes, comme ils se présentaient sans le nom salutaire du Christ, il répugnait entièrement à leur donner à guérir les langueurs de son àmç. Il se résolut donc à rester catéchumène dans TËglise catholique, recommandée à ses yeux par ses parents, jusqu'à ce qu'il trouvât quelque but certain où diriger ses pas ^ Cependant Monique, qui n'avait pu supporter son absence, arrivait à Milan, et le bonheur de retrouver son fils s'augmentait de la joie de le retrouver presque croyant.
C'est qu'en effet un lent mais fécond travail s'opérait dans l'âme d'Augustin. Déjà les instructions répétées del'évêque de Milan, et le commerce de chrétiens de grande instruction tels que Mallius Théodorus et Simplicien^ père spirituel de saint Ambroise, lui avaient persuadé la nécessité de la foi et l'autorité des Écritures ^ ;