Confessionum lib. I, cap. ii
256 cflAPiTRE m.
Augustin n*a donc jamais douté et n*a jamais admis qu'on pût douter de Texistence de Dieu. Ni les suggestions des passions, ni les sophismes des philosophes, ni les enseignements des sectaires, n*ont pu ébranler sa foi en la Divinité.
Mais siTathéisme, à aucun moment, n^a trouvé accès dans le cœur et l'esprit d'Augustin, quelle notion s'est-il faite de Dieu?
Il le faut avouer. Longtemps cet ardent et sensuel Africain n'a pu concevoir Dieu que comme une substance corporelle.
« Dévoré du besoin et de la fièvre de la vérité, je vous cherchais, ô mon Dieu, non point par les yeux de l'intelUgence qui me distinguent des bétes, mais par les yeux de la chair. . . Je ne connaissais donc rien de ce qui est véritablement, et même je me croyais très-pénétrant en accordant mon assentiment aux Manichéens, à ces trompeurs insensés, lorsqu'ils me demandaient d'où vient le mal, et si Dieu est enfermé dans une forme corporelle, s'il a des ongles et des cheveux. Je ne savais pas que Dieu est un esprit qui n'a pas de membres étendus en longueur et largeur, qui n'a pas de matière *. »
« Je croyais, ô mon Dieu, que votre grandeur et votre beauté étaient en vous comme les accidents sont dans les substances, par exemple dans les corps, tandis que vous êtes vous-même votre grandeur et votre beauté. Je croyais que vous étiez un corps lumineux et immense, et moi un morceau de ce corps '^. »
K Confessionum lib. \\\, cap. vu.