Ibid,f ibid,^cap, ii
« Comme mon âme n'osait pas aller jusqu'à prétendre que Dieu lui-même lui déplaisait, elle ne voulait pas admettre que ce qui lui déplaisait fût votre œuvre, 6 mon Dieu ! Et ainsi elle retombait dans la croyance aux deux substances, et ne trouvait pas de relâche dans ses doutes, et ne cessait de répéter les erreurs qu'elle avait reçues d'autrui. Partie de là, elle s'était fait un Dieu répandu dans tous les espaces de l'univers, elle avait cru que c'était vous, elle l'avait placé dans son cœur, et elle était devenue le temple de son idole, et s'était rendue abominable à vos yeux *. »
C'est à la lumière du Platonisme que finissent par se dissiper les ténèbres intenses qui enveloppaient TinteUigence d'Augustin.
<c Après avoir lu les livres des Platoniciens qui m'avertissaient de chercher une vérité incorporelle, j'avais appris à voir les choses invisibles dans les visibles ; et quoique rejeté loin de vous, 6 mon Dieu ! j'avais deviné ce que les ténèbres de mon âme ne me permettaient pas de contempler. J'étais certain que vous êtes, et que vous êtes infini, sans être dispersé dans les espaces finis ou infinis ; que vous êtes vraiment toujours le même , et non point ici d'une manière et là d'une autre ; que toutes choses procèdent de vous, par cette preuve seule et incontestable qu'elles existent^. Je ne doutais donc plus de la substance incorruptible, et qu'elle ne fût la source de toute substance'. »