‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 170 sur 539 · Ibid., Mb. y \U, cap. I · texte numérisé non relu

Ibid., Mb. y \U, cap. I

DE L^EXISTENCE DE DIEU. 26i

De la sorte, Augustin se voit arraché du même coup aux illusions du panthéisme et du dualisme.

A partir de ce moment, il distingue nettement les difierents ordres de natures, dont Tensemble constitue l'univers * ; et au-dessus de tous ces êtres, Dieu, qui est leur raison d'être, lui apparaît comme un pur esprit.

Pur esprit. Dieu ne saurait donc être imaginé. « Quiconque veut imaginer Dieu se le représente parla pensée comme quelque chose de grand, d'immense, de gigantesque, comme un être aux proportions colossales. Ce colosse cependant est fini. S'il est fini, il n'est pas Dieu. Et s'il n'est pas fini, qu'est-ce que sa figure? Voilà où aboutit une aveugle et charnelle pensée. On se représente une masse énorme, et plus on l'imagine énorme, plus ou se persuade honorer Dieu. Un autre survient qui ajoute à ce colosse une coudée, et qui le fait encore plus grand ^. »

Laissons de côré ces puériles idoles. « Si l'âme est immatérielle, si elle se distingue du corps, à combien plus forte raison faut-il distinguer de la nature corporelle Dieu qui est le créateur de l'âme et du corps ? Dieu en effet ne remplit pas le monde, comme Tair, comme l'eau, comme la lumière elle-même, de telle façon qu'une moindre partie de lui-même remplisse un moindre espace, et une plus grande partie un espace plus grand. Il est partout tout entier, sans être contenu dans aucun lieu; il vient sans se retirer d'où

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