Voyez ci-de88U8 liv. I, ch. ii, I. De la Nature de VÀme
2, Sermo LUI, cap. xi.
il était, et il s'en va sans cesser d'être où il était venu. L'esprit humain s'étonne qu'il en soit ainsi, et parce qu'il ne le comprend pas, il est porté à ne le pas croire. Mais que l'âme humaine commence par s'étonner d'elle-même; qu'elle s'élève un peu, s'il lui est possible, au-dessus du corps et des choses qu'elle a coutume de sentir par le corps, et qu'elle se demande ce qu'elle est, elle qui se sert du corps *. » «Si l'âme n'est pas étendue dans l'espace. Dieu encore bien moins.... Si l'âme qui change en tant de manières, dont les désirs sont tumultueux et variés ; dont les affections dépendent de l'abondance ou de la pénurie; qui est le jouet d'imaginations innombrables; qui tour à tour oublie et se souvient, apprend et ignore ; si, dis-je, l'âme qui est le théâtre de tant de mouvements et de changements, sent qu'elle n'est point répandue ni étendue dans le lieu, mais placée au-dessus de l'espace par sa vive puissance; que doit-on penser et croire de Dieu lui-même, qui subsistant inébranlable et immuable au-dessus de tous les esprits raisonnables, départit à chacun ce qui lui convient ^ ? »
Une fois éclairé par ces droites et sûres idées, Augustin ne peut assez témoigner l'étonnement, disons mieux, l'indignation qu'excitent en lui les doctrines auxquelles il a d'abord donné adhésion.
a Que dirai-je maintenant de cette doctrine d'un Dieu partout répandu? Ne doit-elle pas soulever tout