bid, lib. XV. cap. i et sq
DE LA TAlNITfi. 349
Sans doute, nous oe voyons la Tmitéiqiia.danaïUD miroir, et nous ne TexpIlquoDs que par des UMgfm imparfaites. Ces images, malgré tout, ne laissent pas que d'offrir leur enseignement.
Effectivement, le monde étant Toeuvre de Dieu^ comment Tœuvre ne répondrait-elle point à son auteur^' et ne reproduirait-elle pas les traits principaux de i^ nature? '
Or, dire que le monde est Tœuvre de Dieu, c*est diuç qu'il est l'œuvre de la Trinité. Car les œuvres que Toa attribue à une personne de la Trinité constituent, ileMi vrai, le caractère de cette personne, mais n'en sont |ias moins accomplies par les deux autres concurremmeat^ La Trinité, par conséquent, se manifeste dans rudifvers. La création est Tœuvre collective de la Trinité. .
C*est pourquoi, dans chaque chose se distinguai i; 1^ rexistence en général ; 2"* Texistence de cette ohose< en particulier ; 3*" laccord de cette chose avec le tout. A ces trois moments correspond la Trinité divine. /
Que si des choses on passe à Tesprit, on découvre dons Tesprit la connaissance ou Tentendement, la volonté, Taraour.
La volonté unit tantôt Tobservation sensible avec l'objet des sens; tantôt le type retenu par la mémoire comme objet de notre pensée avec la connaissance.
Dans le premier cas, l'objet sensible est père de l'observation sensible ; dans le second cas, le souvenir est père de la pensée. Dans l'un et l'autre cas, la volonté est le lien .
Et plus on scrute Thomme intérieur, plus s'avive et y brille l'image de la Trinité.
CHAPITIIE 111.
G*csl ainsi qu'au-dessus de la région de ce qui passe, la mémoire devient conscience de l'éternel ; la pensée, sagetse immuvihle ; i^imour, désir de la félicité suprême.
Mais c'est, avant tout, de lamonr que nous devons partir pour connaître la Divinité trine et une, et jouir de sa présence. Car l'amour est TEsprit-Saint, qui nous conduit au Fils de Dieu, dont le Père est la mesure. Toute Trinité, aussi bien, est comprise dans l'amour. L'amour ne suppose-t-il pas le sujet aimant, l'objet aimé et l'amour même qui les unit? Au-dessus de Tainour, il n'y a que la raison, qui est sagesse, lorsqu'elle se souvient de Dieu, qu'elle comprend et aime Dieu.
Ces riches et ingénieux développements touchant un des problèmes qui à la fois aUirent le plus et confondent le plus l'esprit humain, ne justifient-ils point pleinement le récit de la Légende dorée^ où il est dit qu'un moine qui avait été ravi en esprit , s'étonnantde ne pas voir Augustin parmi les élus : « Il est plus haut, lui fut-il répondu, il est devant la Trinité sainte, dont il dispute pendant toute l'éternité? »
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