‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 212 sur 539 · I. Smno CCXIV · texte numérisé non relu

I. Smno CCXIV

'i, ('oiifcmionnm lib. W, cap. vu.

332 CUAN'IHE IV.

expression : hors de lui, alors que rien n'était, si ce n'est Dieu?

tt Puisque toutes choses ont dans Tunivcrs leurs mesures, leurs nombres et leui-s poids, où Dieu les apercevait-il en les disposant de la sorte? Ce ne pouvait être hors de lui-même, comme nous apercevons les corps avec les yeux du corps; car les choses, évidemment, n*étaient pas, alors qu'il les disposait pour qu'elles fussent. Ce n'était pas davantage au dedans de luimême qu'il les apercevait à la manière dont nous percevons par les yeux de l'esprit les images des corps, quand ils ne sont point présents à nos regards, mais que nous y pensons en les imaginant tels que nous les avons vus, ou d'après ceux que nous avons vus. En quelle manière donc Dieu apercevait-il les choses pour les disposer? En quelle manière, sinon en celle qui convient à sa seule puissance ' ? »

Pour Dieu, penser le monde qu'il a créé et créer le monde est une seule et même action.

« Dans le Verbe de Dieu se trouvent les éternelles raisons de toutes choses, même de celles qui ont été faites témporellement ^. »

Que l'acte de la création nous surpasse, à la bonne heure. Mais n'y a-t-il point d'autres faits journaliers qui choquent notre intelligence et déroutent notre compréhension? Répétons-le. « L'acte de la création ne veut pas éti*e conçu grossièrement, comme si Dieu s'était servi de mains pour son œuvre, à l'exemple des

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