Ibid.,\\h. XII, cap. VI
Non , à parler exactement, a la matière informe n'a point précédé dans le temps les choses formées; car tout a été créé simultanément, et la matière dont les choses ont été faites et les choses qui ont été faites. De même effectivement que la voix est la matière des mots, et que les mots indiquent le son qui est formé, tandis néanmoins que celui qui parle ne commence point par émettre un son informe, pour ensuite le recueillir et en for^ mer de» mots ; de jnéme Dieu créateur n*a point fait dans un temps antérieur la matière informe, pour reprendre ensuite en quelque façon son ouvrage et k former en disposant les natures dans leur ordre. Il a créé la matière toute formée '. »
Que si Ton distingue relativement à la forme une priorité de la matière, du moins faut-il entendre par là une priorité tout idéale. Qu'on dise donc, si l'on veut, que Dieu a d*abord créé la matière informe, puis qu'il a donné une forme à cette matière. La pensée n'aura plus rien d absurde, pourvu que Ton distingue quatre sortes de priorités : dans réternité, dans le temps, dans Tintention et dans Torigine. Dans rétemité, Dieu est avant toute chose ; dans le temps , la fleur est avant le fruit; dans Tintention, le fruit est avant la fleur; enfin, dans Torigine, le son est avant le chant.
« De ces quatre sens, le premier et le dernier sont les plus difficiles à comprendre; les deux du milieu sont les plus faciles. Quoi de plus rare, en effet, et de plus* difficile, ô mon Dieu, que de voir clairement votre éter-