‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 228 sur 539 · I . De Genesi ad LUteram , lib. 1 , cap. xv · texte numérisé non relu

I . De Genesi ad LUteram , lib. 1 , cap. xv

nité immuable produisant toutes choses, et antérieure à elles? D'un autre côté, quel esprit assez subtil pour pouvoir démêler sans effort comment le son précède le chant? Il le précède pourtant... Mais si le son qui est la matière est antérieur au chant qui est la forme du chant, ce n'est pas de la même manière qu'une cause est antérieure à son effet... Il n'est pas non plus antérieur dans le tenips ^ car il est produit avec le chant luimême. Il n'est point antérieur dans l'inlention ; car le sou n^st pas préférable au chant, puisque le chant n'est pas seulement un son, mais un sou agréable et orné ; il ne lui est donc antérieur que par l'origine; car ce n'est pas le chant qui devient un son , c'est un son qui devient un chant.

Que par cet exemple on comprenne, si on le peut, que la matière des choses a été créée d'abord et appelée le ciel et la terre, parce que c'est d'elle qu'ont été faits le ciel et la terre ; et ce n'est pas dans le temps qu'elle a été créée d'abord , car le temps ne commence qu'avec les formes des choses; cette matière informe est contemporaine de ce qu'elle a servi à former. Cependant, pour être entendu, on en parle comme si elle était la première dans le temps , quoiqu'elle soit la dernière dans Tordre de l'intention (les choses formées étant bien meilleures que celles qui sont sans formes), et qu'elle soit précédée par l'éternité du Créateur, qui l'a faite de rien afin d'en faire quelque chose ^ »

Quoi qu'il eu soit, ces notions, qui sauvent l'intégrité même de la notion de Dieu, sont seules essentielles, et, pour le reste, il convient de nous réduire soit à l'hu-

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