Ihid,, lib. XXII , Ciip. xxiv
396 CUAIMTKE IV.
Il en est de Thoinme comme de runivers. Que ceux qui déplorent que Thomme soit en proie au mal, observent de quels biens de toute sorte il a été comblé.
Sans doute, « dans ce fleuve ou ce lorrent qui emporte les générations humaines, le mal et le bien se mêlent toujours : le mal que nous devons à notre premier père, le bien que nous devons à la bonté du Créateur '. » Mais, répétons-le, quels bienfaits Dieu ne nous a-t-il pas prodigués !
« C'est lui qui a donné à Tàme humaine cet entendement où la raison et Tinlelligence sont comme assoupies dans les enfants, pour se réveiller et s'exercer avec l'âge, afin qu'ils soient capables de connaître la vérité et d'aimer le bien , et qu'ils acquièrent ces vertus de prudence , de force, de tempérance et de justice, nécessaires pour combattre les erreurs et les autres vices, et pour les vaincre par le seul désir du bien immuable et souverain. Que si cette capacité n'a pas toujours son effet dans la créature raisonnable; qui peut néanmoins exprimer ou seulement concevoir la grandeur du bien renferme dans ce merveilleux ouvrage du Tout-Puissant? Outre l'art de bien vivre et d'arriver à la félicité immortelle, art sublime qui s'appelle la vertu, et que la seule grâce de Dieu en Jésus-Christ donne aux enfants de la promesse et du royaume, l'esprit humain n'a-t-il pas inventé une infinité d'arts qui font bien voir qu'un entendement si actif, si fort et si étendu, même dans les choses superflues ou nuisibles, doit avoir un grand fonds de bien dans sa nature, pour avoir pu y trouver