‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 259 sur 539 · Enarrnlio in Ptalmum XXXVI · texte numérisé non relu

Enarrnlio in Ptalmum XXXVI

DE LA I'ROVIDËNCIî:. 405

lendemain , et Taurore du jour nouveau sera Taurore même de Tinfaillible justice'. Dieu sait dans ses con* seils impénétrables pourquoi il pardonne aux méchants pour un temps, et pourquoi pour un temps il fait souffrir les bons. Cependant il nous suffit d*être assurés que la souffrance des bons n'est que passagère, et passagère la prospérité des méchants. Qui sait cela, vit en sécurité. Il ne s'indigne point du bonheur des méchants; il ne s'irrite pas des calamités que subissent les bons; car il sait que ce siècle finira et qu'avec ce siècle s'évanouira l'iniquité *^.

Il y a plus ; pour peu qu'on soit attentif au spectacle des choses humaines, il est impossible de nier que les jugements de Dieu ne se fassent sentir, bien qu'ils se dérobent souvent à nos regards^. C'est pourquoi, il serait déraisonnable de penser que, dès ici-bas. Dieu ne sache pas tour à tour traiter les bons et les méchants suivant leui*s mérites.

Tel est le dessein de Dieu sur les bons. A moins d'en venir à cette impiété détestable d'affirmer qu'il n'est ni juste ni tout-puissant, il faut croire que les hommes justes ne souffrent d'ordinaire en cette vie que parce que cela leur est expédient^. Par conséquent les circonstances et les hasards où périssent les fidèles, importent assez peu ; ce qui importe c'est l'état dans lequel ils meurent\

]. Eimrralio in Psalmum XXVI, 10.

?. Enarratio in Psalmum XCllI, 2.

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