De Civiiate Dei^ lib. XX, cap. ii
4. De Divers. Quxst, LXXXIU, (juœst. LXXXil. 6. Epist, CXI, Victoriauo (409); 6.
Dieu, d*autre part, tourne en bien même les maux des méchants, et sa toute-puissance ne plie point aux iniquités nombreuses qui se produisent contre son vouloir ^ Car le vouloir et le ne vouloir pas n'est pas tellement au pouvoir de celui qui veut ou ne veut pas, qu'il empêche la puissance divine et la surmonte. Même de ceux qui font ce qu'il ne veut pas, Dieu lui-même fait ce qu'il veut ^. Il est vrai que « si toutes les natures gardaient leur mesure, leur rang, l'ordre qui leur est propre , il n'y aurait point de mal. Mais alors même qu'on use mal des choses bonnes, la volonté de Dieu n'est point pour cela vaincue. Dieu sait par sa justice ramener à Tordre ceux qui sont injustes. Les hommes usent-ils mal par une volonté inique des biens de Dieu? Par sa justice et sa puissance. Dieu use bien des maux des hommes. 11 ordonne justement dans la peine ceux qui, d'une manière perverse, se sont ordonnés dans le péché *. Cet ordre qui ne convient pas à leur nature est par cela même une peine ; mais parce qu'il convient à leur faute, il est justice ^.
Ce n'est pas tout; Dieu n'aime pas les maux, car il n'est pas conforme à l'ordre que Dieu aime les maux... Cependant, comme l'ordre et l'harmonie veulent que la convenance même du tout éclate dans les différences, il arrive qu'il est nécessaire qu'il y ait même des maux. La beauté de toutes choses résulte ainsi des contraires; à