Contra JuUanwm Felagianum^ lib. I, cap. vni
La doctrine augustinienne sur le mal est donc trèsclaire. Le mal est un manque d*étre, et ce défaut Tient d'une volonté qui elle-même a été tirée du néant.
Toutefois, dans ce problème du mal, rien n'est simple, et les difficultés se reforment, pour ainsi dire, à mesure qu'on les résout. Augustin ne s'éloigne du Manichéisme que pour trouver en face de lui une autre doctrine très-compromettante et très-puissante, le Pélagianisme,
« 0 Dieu, s'écriait Augustin, résumant en un seul mot toute sa doctrine, 6 Dieu, donnez ce que vous commandez, et commandez ce que vous voulez, n — « Da quod jubés, et jubé quod vis. d Célestius et Pelage blâmèrent ces paroles, comme favorisant la paresse humaine. Augustin repoussavivement cette allégation ^ Peu à peu, le dissentiment s'agrandit, et les deux adversaires, Tévéque d'Hippone et le moine breton en vinrent à discuter sur le péché originel, sur la grâce et le libre arbitre, sur la prédestination.
Augustin déclare que tout le genre humain était contenu en puissance dans le premier homme, si bien que l'entité homme ayant péché, et les âmes se transmettant, selon toute apparence, par voie de génération^, tous les hommes sont déchus. La corruption de la nature humaine a produit la perte du libre arbitre. De là, conséquemment, la nécessité de la rédemption par le Média-
1 . Liber de Dono Peneveramiap, cap. xx. f In libris Confetsionitm mearum certe dijci Deo nostro et sxpe dijci : « Da quod jubés, et jubé quod vif, » (lib. X, cap. xix, xxxi, xxxYii). Qur verba mea Pelagiuê Romx, cum a quodam fratre et episcopo fuissent eo présente commemorata f ferre non potuit, n Cf. De Gestis Pelagii, liber unus, cap* xiv et iq.