Ibid.f ibid,, cap. xviii
destin, comme si les astres eussent décrété ces fautes, et que le ciel eût commencé par pécher en rendant de tels décrets, pour que l'homme péchât ensuite en les exécutant. D'autres enfin préfèrent imputer leur^ fautes à la fortune ; ceux-là estitiient qUe toutes choses sont livrées aul jeux du hafeard, et cependant cette assertion même qu'ils avancent n'est point, suivant eux, une parole en l'air, mais la conclusion très^elaire de priactpés certains. Quelle n'est point, par conséquent, leur folie, de rapporter à la raison ce qu'ils disent et d'attribuer au hasard ce qu'ils font * ! »
Soit, répondra-t-otî peut-être. La volonté est la cause du péché. Mais la cause de la volonté elle-même, quelle est-elle ?
« Eh ! quoi; vous admettez que la volonté est la cause du péchéj et vous cherchez ensuite la cause de la volonté! Mais si Vous pouviez trouver cette cause, ne chercher! ez'-vûtis pas la cause même de la cause que vous auriez trouvée ? dr, oii s'arrêter dans une semblable recherche? Où finîroat les questions et les discours? Qu'on le sadie, au delà des principes, il n'y a rien. On l'a dit d'une manière souverainement raisonnable : la racine de tous les maux est l'avarice, c'est-à-dire la manie de vouloir pius que ce qui suffit. Quelle que soit la cause de la volonté, si on ne peut lui résister, on lui cède sans pécher ; sion le peut, qu'on ne lui cède pas et on ne péchera point. Arguera*t-on de quelque surprise? Qu'on prenne donc garde de n'être pas surpris. Mais il y a de si grandes surprises, qu'on ne peut s'en
t. De Continentia, lib. unuS} cap. v.
garantir absolument? Si cela est, il n'y a point de péché*. Comment pécher effectivement, en des choses, où on na aucunement pu se préçautionner? Or, on pèche ; on peut dono se préçautionner ^ »
Le péché, d*aulre part, appelle le péché. Et ea effets (( c'est une très-juste peine du péché, qu'on perdoce dont on n'a pas voulu bien user, alors qiie^ si oale Wiiulait, on le pouvait sans diflicnlté. C'est-à-dire «(i^'il o$t jusle, que oeluiqui n'a pas bien agi alors qu'il savait ce q,uG c'est que bien agir, cesse de le savoir; ^et que celui qui n'a pas voulu bien agir, lorsquaL le pouvait, perde lu faculté de le pouvoir lorsqu^il le voudra.- Ce sont en réalité deux peines de toute âmCi pécher^se, que l'ignorance et la difficulté '^. » . ^
. li'objectioa néanmoins reculC) plutôt encore q^*j$lle n'est résolue* Car si la liberté est la jcauseï imriiédiatc, ' directe du péché, n'est-ce pas Dieu^ après .tout, qui a donné à l'homme cette liberté par où il pèche?/ ,..
Cet argument spécieux n'a pas laissé, àuo x^eriain . moment, d'embiirrasser saint Augustin lui-même.
« J'essayais de comprendre, comme oa me le disait, que le mal que nous faisons a sa causa dans noti'e libre arbitre, et celui que nous souffrons, dans votre justice, 1) mon Dieu; mais je ne le voyais pas enc€J*e clairement. Car, d'un côlo,je relevais, il est vrai, mes yeux vers votre lumière, sachant que j'étais aussi certain d'avoir une volonté, que je Tétais de vivre. Mais, d'un autrecùté, jeme disais: qu'est-ce qui m'a fait? N'est-ce pas mou Dieu ?